EN LIVE AVEC LES STARS !

Publié le par corsu61

Cette catégorie vous permet de découvrir les stars sous leur vrai jour, et non celui qu'elles veulent bien montrer par l'intermédiaire de leur agent, leur attaché de presse, ou leur prestation dans une émission de télévision.

Pour cela, profitant de mon expérience de plusieurs années dans le domaine de l'interview, je vous propose le récapitulatif des rencontres que j'ai pu avoir avec vos acteurs ou actrices préférés, et je vous joins les interviews correspondantes.

Tout vous est relaté, sans fard ni dissimulation, et sans aucune langue de bois. Vous allez découvrir que certaines stars sont loin de l'image que l'on veut donner d'elles, que ce soit en bien ou en mal.

N'hésitez pas à me laisser vos commentaires pour me relater vos impressions.... Alors, bon voyage de l'autre
côté du miroir...

Aujourd'hui :

CLOVIS CORNILLAC

CLOVIS CORNILLAC

Vendredi 15 mai 2015. L'acteur est présent au théâtre municipal de Bastia afin d'y interpréter "La contrebasse" de Patrick Süskind.

Rendez-vous est pris le jour même, à 15h30, à son hôtel. Clovis Cornillac est à l'heure, et, après s'être installé dans ses locaux, il revient dans le petit salon qui est laissé à notre disposition afin de commencer l'interview.

Je découvre un acteur apparemment fatigué, loin d'être expansif, réservé, visiblement méfiant, qui ne semble pas décidé à s'exposer. Toutefois, il est courtois avec tout le monde, respectueux, disponible (il n'a pas encore déjeuné) et très professionnel. Au fur et à mesure de l'entretien, il va finir par nettement se détendre et se montrer sous un nouveau jour, beaucoup plus agréable et chaleureux, mais il aura fallu un peu de temps pour l'apprivoiser et gagner sa confiance...

 

Clovis Cornillac, bonjour...

Bonjour

Actuellement, on vous voit dans tous les médias pour faire la promotion de votre film "Un peu, beaucoup, aveuglément". C'est pour vous un plaisir ou un passage obligé ?

Obligé. Ce n'est pas un métier en soi.

Quand on est petit, on ne se dit pas : "Quand je serai grand, je ferai de la promo !". C'est vraiment lié à l'obligation de faire connaître son travail. Aujourd'hui, tout passe par le support média, que ce soit la radio, la télé, la presse écrite ou le web. C'est donc pour moi une obligation.

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Vous véhiculez une très bonne image auprès du public, comme expliquez-vous cela ?

En fait, je ne m'en rends pas bien compte. Je pense qu'il y a des gens qui m'aiment bien, et d'autres qui me détestent. Cela fait partie de l'exposition. Vous savez, si on voulait plaire à tout le monde, il ne faudrait proposer aux gens que des choses consensuelles, mais du coup on ne serait pas impliqué dans ce que l'on fait. En ce qui me concerne, je n'ai jamais été hanté par mon image. Je conçois très bien qu'on n'aime pas mon travail, mais en revanche, je ne comprends pas pourquoi cela déclencherait de la haine.

Je considère que, quand quelqu'un n'aime pas ce que vous faites, et bien il n'a qu'à pas regarder. Par exemple, il y a des gens qui sont probablement très talentueux, mais je ne suis pas sensible à leur manière de faire. Je ne vais donc pas m'embarrasser à regarder ce qu'ils ont fait, juste pour être méchant. Ca ne m'intéresse pas.

Je ne sais pas si j'ai une image positive ou négative. Je crois que j'ai une image de citoyen, de quelqu'un qui est correct, comme vous j'imagine... A priori, je veux du bien aux gens et je ne suis pas quelqu'un de néfaste. J'ai plutôt une image sympathique dans le sens où je ne veux de mal à quiconque.

Vous croyez que l'image est véhiculée par l'attitude ?

Je crois qu'il y a quelque chose là-dedans qui doit se voir. En me regardant, on doit se dire : "ce mec est sincère, il n'y a pas de truquerie". Vous savez, dans ce monde, on croise quelquefois des salopards, mais leur nombre est moindre. On en parle beaucoup plus, mais il n'y en a pas plus que ça. Heureusement, on a l'impression d'être plus nombreux à souhaiter le bien des autres et à essayer de comprendre comment ils fonctionnent. C'est à dire de ne pas s'arrêter à des à priori.

De toute façon, on est toujours plus complexe qu'on ne le laisse paraître. 

Je pense que c'est votre cas... (Il ne répond pas). Beaucoup d'acteurs se cantonnent à des rôles qui leur vont comme un gant. Vous, par contre, vous avez plutôt misé sur l'hétéroclisme. Pourquoi ?

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Par passion. Au départ, ce qui me régale dans l'idée de jouer et dans la projection que je peux en faire, c'est de vivre plein de trucs et être plein de personnes différentes. Alors évidemment, avoir eu la chance de ne pas être cantonné quelque part et de créer de l'inspiration, ou du désir, chez des gens très divers, et bien j'ai sauté sur l'occasion !  Comme vous le savez, le métier d'acteur est intimement lié à l'offre et à la demande. Si vous n'êtes pas demandé, vous avez énormément de mal à réaliser vos projets. Il s'avère que j'ai eu la chance d'inspirer des gens à des endroits très différents : la comédie, le polar, l'action, l'aventure, les films d'auteur... C'est génial ! C'est exactement ce que je voulais expérimenter ! Aller me ballader dans tous les univers...

Alors, effectivement, j'aurais pu faire le choix de refuser beaucoup de ces choses pour rester et me cadrer dans un genre. Or, depuis le début de ma carrière, ça n'a jamais été mon désir. Si j'avais été carriériste, cela aurait été mieux pour moi d'avoir une image cadrée..

(Je le coupe) Mais beaucoup aimeraient avoir votre carrière !

Ah mais je suis très heureux ! Quand je parle de carrière, je parle d'autre chose. Vous savez, quand vous essayer d'optimiser et de faire fructifier quelque chose qui n'est pas forcément votre travail, mais qui est lié à une image. Comme cette dernière m'intéresse assez peu, je suis plus recentré sur le travail. Celui du jeu, le fait qu'on m'ait proposé tellement de choses diverses, c'est pour moi une éclate totale !

En fait, si j'avais le moindre calcul, si j'avais le désir de devenir une vedette, une star ou je ne sais pas quoi, de me projeter dans un truc comme ça, je pense que ma manière actuelle de travailler ne serait pas la bonne ! Si quelqu'un, qui a cette ambition, me demande un conseil, je lui dis : "ne fais pas comme moi ! Fais autrement. Travaille sur l'image, sur des choses assez similaires, avec un angle assez réduit et très précis".

Je pense qu'il y a des gens qui sont capables de faire ça très bien, mais il faut que ce soit lié à un désir, qu'il y ait un vrai plaisir de ça, avant même de savoir si on va en avoir la possibilité.

En ce qui me concerne, la question ne s'est jamais posée. 

Là où je vous trouve le plus à l'aise, c'est dans la comédie.

Ah ouais ?

Comme dans "Poltergay". Le gars gentil, qui se retrouve dépassé par les évènements. Par contre, "Astérix et les jeux olympiques" a été une expérience malheureuse...

Et bien moi, je me suis régalé.

Ah bon ?

Mais oui. (Il me regarde bien droit dans les yeux). Je pense que le film n'est pas réussi, voilà.

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Mais il est loin d'avoir eu du succès...

Mais il y a quand même 7 millions de gens qui sont allés le voir ! (Il sourit)

Peut-être, mais comparé à la "machine de guerre" qui était annoncée, et à l'énorme budget qui y était consacré...

(Il réfléchit) C'est très décevant. On oublie beaucoup le terme de relativité dans ce métier. C'est à dire que je pense que la déception a été tellement grande de la part du public et de la presse, que le film a été déclaré un échec. Il est vrai qu'on pouvait attendre autre chose de ce film... Mais, très concrètement, il n'y a pas beaucoup de films français qui font 7 millions d'entrées. Tout est donc relatif.

Connaissez vous les raisons de cet échec ?

Je pense que rater un film peut arriver à tout le monde... D'ailleurs, le quatrième "Astérix", "Astérix et Obélix au service de sa majesté" a été pire ! (Nous rions). Pourtant, le réalisateur Laurent Tirard est très talentueux et il a fait de très bons films... En fait, quand l'alchimie ne prend pas, elle ne prend pas.

Mais l'expérience intime que j'ai eu de jouer un dessin, tiré d'une bande dessinée, a été passionnante et je me suis régalé. Je me suis formidablement entendu avec Gérard Depardieu et c'est un acteur que j'aime énormément. Ca a été six mois de tournage avec Benoit Poelevoorde et Alain Delon, et j'ai eu des rapports très forts avec ces gens là. Je ne peux donc pas dire que j'ai vécu une mauvaise expérience. Ce qui a été mauvais, c'est le film et sa sortie. Mais, et je le répète, il a fait quand même 7 millions d'entrées et quand il est passé à la télé, il a tout déchiré !

(Il réfléchit) C'est étrange. Quelquefois, dans votre trajectoire, il y a des réussites qui vous échappent. Par exemple : "Faubourg 36"...

Que j'ai beaucoup aimé !

Je le trouve formidable et formellement très bien construit. Pareil pour "Les brigades du Tigre". Ce sont des films qui ont un aspect historique, passionnants, avec de l'histoire et de jolis décors. Ils sont déceptifs au niveau des recettes par rapport à ce qu'ils ont coûté. mais pas pour moi au niveau de l'expérience. "Les brigades du Tigre" a dû faire 1 000 000 d'entrées et "Faubourg 36" 1 800 000, mais moi j''y ai eu des expériences humaines, et d'acteur, remarquables.

Vous êtes reconnu, dans le métier, comme un grand travailleur. Cela va jusqu'à des transformations physiques (comme pour "La grande boucle" où vous avez perdu 8 kilos pour interpréter un cycliste). D'où vous vient ce goût pour le travail ?

(Il réfléchit) Je pense que ça vient de mon éducation.

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(Il se reprend). Non. De plusieurs choses... D'abord l'éducation. De ma grand-mère et ma mère. Moi, j'ai commencé à travailler à l'âge de 14 ans. La notion de rentrer dans la société ne me faisait pas peur, au contraire.

J'ai mis très longtemps à me détacher de cette notion viscérale, comme quoi on fait toujours des choses "un peu trop", que ce soit dans un sens ou dans l'autre... Pendant des années, je n'ai pas pris de vacances, parce que dès que j'avais deux jours de repos, j'éprouvais un sentiment de culpabilité. Je me disais que ça ne se faisait pas de passer deux jours sans rien faire. J'étais donc dans quelque chose d'excessif et il m'a fallu beaucoup de temps, des enfants et une famille, pour pouvoir accepter le fait de me dire qu'il fallait que je profite de la vie.

Et puis, je vieillis...

Là où je suis toujours très rigoureux, c'est le travail pour quelque chose ! C'est à dire que, comme actuellement avec le film que je réalise, je ne laisse pas de place au hasard ! Je me dis toujours que plus je travaille, plus il me sera possible de capter les belles choses et les surprises qui arriveront plus tard. Je ne suis pas un génie, mais je suis un bosseur. Et en plus, j'aime mon travail, ce qui est très motivant. J'ai un boulot qui n'est ni fastidieux, ni ennuyeux... normalement ! (Il sourit). Cependant, j'en veux beaucoup à la dilettante dans ce métier, parce que je me dis que ce qu'on a dans les mains est tellement formidable qu'il faut beaucoup s'y investir pour lui rendre hommage.

Toutefois, il arrive qu'il n'y ait pas de règles. Il y a des gens qui ont une forme de génie et qui, tout en ne travaillant pas,  sont formidables quand même. Du coup, c'est compliqué de leur dire quelque chose...

Vous pensez à qui en disant ça ?

(Il me regarde d'un air malicieux) Il y en a ! (Nous rions).

Ca existe. Alors, ça donne à ceux qui sont un peu flemmards une image qui les conforte dans leur idée.

Le travail a une chose qui ne vous trahira jamais : même si vous ratez, vous ne serez jamais abattu par l'idée de n'avoir pas donné le maximum envers la chance qui vous a été donnée. Moi, si un jour je me retrouve sans boulot et sans personne qui veut de moi, j'aurai les épaules droites parce que j'aurai bossé. Ce sera donc beaucoup plus facile à digérer et à encaisser.

Justement... Comment vivez-vous la notoriété ?

En fait, je m'y suis habitué. La notoriété en soi n'a aucun intérêt. Ca n'apporte rien. Ce n'est pas du travail et ce n'est pas un métier. C'est assez creux et inintéressant, mais cela implique un changement concret dans l'existence quotidienne.  Moi, je suis surtout connu dans les pays francophones. Quand je vais en Asie, je suis tranquille ! (Il sourit). Quoique... Les français, c'est une grande diaspora. Tu peux tomber sur des français un peu partout dans le Monde ! (Il rit).

Alors, en revenant à la notoriété, il est évident que, quelquefois, il y a des moments un peu plus lourds que d'autres, notamment quand je suis en famille, et il y a des gens qui peuvent être intrusifs. Mais, généralement, ça reste bon enfant. L'avantage que j'ai, c'est de ne pas être un comique à qui on vient taper dans le dos. J'ai donc une image différente de ça, et les gens sont généralement très gentils, très polis avec moi.

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Et si cela ne se passe pas comme ça ?

Et bien c'est comme dans la vie. Si quelqu'un est impoli avec vous, vous allez lui faire comprendre que ce n'est pas comme ça qu'on se comporte avec les gens... Je crois qu'on est tous égaux par rapport à ça !

J'ai une petite question dont vous allez immédiatement comprendre la teneur... Combien de temps vous faudrait-il, à votre avis, pour me mettre à terre ? (Fervent adepte de sports de combats, il a avoué, dans une interview antérieure, qu'il avait l'habitude de jauger physiquement les personnes avec lesquelles il s'entretient)

Je vois effectivement de quoi vous voulez parler. C'est un réflexe que je tiens de ma jeunesse. Je ne sais pas si vous avez connu ça, mais on est conditionné par quelque chose... On se dit : "Est-ce que ça va être fatiguant ? Est-ce qu'il faut aller vite ou, au contraire, prendre son temps ?"... Cependant, depuis des années, je suis moins sur ce territoire qui est de me poser ces questions, et ce parce que j'ai vieilli.

Cependant, les réflexes de combat sont comme le vélo, ils ne s'oublient pas. Heureusement, l'âge amène, pour la plupart d'entre nous, à une forme de sagesse par rapport aux conflits physiques, ou des choses similaires, qui sont finalement très facilement évitables.

Vous êtes en train de me dire que Clovis Cornillac s'est calmé ?

Oui. D'ailleurs, je n'ai jamais été très agressif. Ce n'est pas l'image que je veux donner à mes enfants.

Revenons au cinéma. Vous entendez-vous avec tout le monde, dans ce milieu ?

Oh... (Il réfléchit) Il y a des affinités ! Comme dans tous les métiers, il se peut qu'on ne soit pas dingue de la personnalité de quelqu'un, mais qu'on arrive quand même à trouver un territoire commun sur lequel on va travailler pour obtenir un résultat. Je suis toujours très ouvert à ce genre d'association.

A part il y a longtemps, je n'ai jamais été confronté à des gens qui ne te comprennent pas du tout. En fait, ça m'est arrivé une fois au théâtre et une fois au cinéma.

Avec un metteur en scène ?

Une fois avec un metteur en scène très connu et une fois avec un acteur.

Et alors ?

Alors, on n'a pas travaillé ensemble. On a vite compris que ça ne pourrait pas le faire.

 

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Et avec l'acteur ?

Il s'est mal comporté. Je lui ai dit une fois, deux fois, et puis après...

Vous en êtes venus aux mains ?

(Il souffle) Oui, mais ça n'a pas été plus loin qu'un bourre-pif !

Ca a fait un scandale dans le milieu ?

Non, parce que c'était un petit film et que c'était il y a longtemps, mais sur le plateau oui. Cependant, après, le gars a été très gentil.

(Je ris)

Je veux dire par là que, si quelque chose a été sali et que j'estime avoir subi une injustice, je me fous des répercussions, film ou pas film. Si le gars avait voulu aller plus loin après le bourre-pif, on y serait allé. Seulement, il a eu l'intelligence de s'écraser parce qu'il savait que sa manière de se comporter n'était pas bonne.

On ne s'est plus parlé pendant le tournage, mais ça ne me gênait pas. Pour moi, l'affaire était terminée.

Qu'est ce qui, à coup sûr, peut vous faire rire, et, à contrario, peut vous énerver ?

(Il réfléchit). Il y a plein de trucs qui peuvent me faire rire... Ce qui va me faire rire, à coup sûr, c'est de voir un mec qui marche et qui, soudainement, se prend un panneau dans la gueule. Et ce qui peut, à coup sûr, m'énerver, c'est d'être ce gars là ! (Nous rions). Concrètement, je me sentirais humilié !

Il m'est déjà arrivé une situation humiliante... Plus jeune, je me suis fait chier dessus par un pigeon, devant une terrasse pleine de nanas. Je me suis pris une grosse fiante sur le blouson et l'humiliation interne que j'ai ressentie était terrible... Personne ne l'a vu, mais j'ai eu l'impression que le monde entier me montrait du doigt !! Par contre, si moi, j'avais été témoin de ça, j'aurais ri aux éclats !

Vous êtes susceptible ?

Oui. Orgueilleux. Mais, je me crois suffisamment intelligent pour ne pas m'énerver devant les gens. Extérieurement, je vais rire, mais à l'intérieur, je serai brisé ! (Il rit).

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Quel est, pour vous, le plus grand acteur du moment ? Vous pouvez répondre Clovis Cornillac si vous le souhaitez...

(Il sourit) Ben tiens, je me vois bien en train de dire ça ! (Il rit).

J'ai du mal à hiérarchiser. Des gens comme Robert Hirsch ou Michel Bouquet sont des acteurs incroyables. De voir quelqu'un comme Bouquet, qui ne ressemble à rien, qui peut être tout le monde et personne, et qui a un jeu tellement fin, précis et sincère, c'est troublant.

D'un autre côté, un Gérard Depardieu, qui joue complètement ailleurs, réussit d'une manière phénoménale. C'est du top niveau.

Et pour donner une grille de lecture encore plus large, il n'y a qu'à prendre Alain Delon. On ne le définit plus comme un acteur, mais comme une figure ! Il fait partie du patrimoine du cinéma mondial ! C'est dingue ! Il n'existe pas beaucoup d'acteurs qui ont dépassé les frontières à un tel niveau.

Pour finir, et pour en citer des moins connus, je pourrais citer Charles Denner, Maurice Ronnet...

On a la chance d'avoir beaucoup de très bons acteurs.

Ma dernière question change totalement de registre. Vous avez touché au milieu politique avec l'excellent 'La sainte victoire". Que pensez-vous de la politique actuelle et des acteurs qui squattent les médias afin d'y exposer leurs idées ?

(Il réfléchit) Je pense qu'on fait tous de la politique à partir du moment où on est citoyen. En tout cas, concrètement, on fait des actes politiques. Alors, que l'on soit pour tel ou tel parti, c'est autre chose, c'est un engagement, une croyance qui doit être viscérale. C'est obligatoire pour pouvoir s'encarter. Cependant, la plupart d'entre nous vote sans l'être.

Je pense néanmoins que peu d'entre nous, citoyens, comprenons les enjeux d'un pays. Je crois que c'est complexe. On est beaucoup plus politisé localement. Le maire d'une ville nous est plus proche. L'organisation d'une cité nous parle plus que l'organisation d'un pays. Même les chiffres ne nous parlent plus... Quand on nous parle de tant de milliards d'euros de dettes... Peu d'entre nous avons conscience de ce que ça représente concrètement.

En revanche, il nécessaire que la politique existe. Moi, je ne suis pas du tout un anti-politique. Je pense qu'elle est importante. Là où je suis moins à l'aise avec la société d'aujourd'hui, c'est au niveau du cynisme ambiant. Je trouve qu'il est très difficile d'avoir foi en quelque chose parce que tout est dénigré par des ricanements. La manière qu'on a de communiquer sur la politique, c'est de se foutre de sa gueule. Systématiquement, les politiciens sont brocardés comme étant des enflures, qui répètent toujours la même chose et qui ne font jamais rien. A force d'avoir cette attitude, tout le monde y croit, même les politiciens.

Je veux donc dire qu'il faut se méfier de ce ricanement permanent, parce que finalement, on se rend compte qu'il existe aussi sur les bouquins, l'Art en général, les petits commerçants, les fonctionnaires, etc... Systématiquement, tout ce que font une partie des gens est l'objet du ricanement des autres. Ca, c'est une attitude dans laquelle je ne me reconnais pas. Autant j'aime l'humour et la déconne, autant le cynisme permanent et moqueur me déplaisent. En plus, le cynisme est souvent tenu par des gens intelligents. Souvent, les gens cyniques ne sont pas cons.

Je trouve donc dommage que les gens qui s'engagent à faire quelque chose soient constamment soumis au ridicule.

Je vous remercie beaucoup de m'avoir reçu. En plus, j'ai respecté pile poil le temps imparti...

C'est adorable. Merci.

Reportage photo réalisé par Erica Lavalle

Reportage photo réalisé par Erica Lavalle

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Commenter cet article

Toutounne05 22/05/2015 21:34

Clovis Cornillac, je l'avais remarqué dans Hors-la-loi de Robin Davis en 84 ou 85, au ciné de Meaux, au côté de Wadeck Stanczak, ensuite je l'ai vu dans un film avec la boule à zéro mais je ne sais plus dans quel film...c'était osé et réussi aussi, je crois qu'il était un peu fou dans ce film...Bon acteur qu'on aime voir un peu comme un pote qu'on ne voit plus tous les jours et qu'on apprécie de revoir...Belle interview qu'on prend plaisir à lire et qu'on voudrait encore plus longue, encore et encore...Foutu timing :)

corsu61 21/05/2015 15:59

Merci Betty

Berthereau 21/05/2015 15:36

En te lisant, chaque réponse de Clovis j'avais sa voix résonnante dans ma tête. j'ai adoré ton interview, merci Max!!

corsu61 21/05/2015 13:50

Merci à tous

GROUX Jean Claude 21/05/2015 00:34

J'ai aimé beaucoup