EN LIVE AVEC LES STARS !

Publié le par corsu61

Cette catégorie vous permet de découvrir les stars sous leur vrai jour, et non celui qu'elles veulent bien montrer par l'intermédiaire de leur agent, leur attaché de presse, ou leur prestation dans une émission de télévision.

Pour cela, profitant de mon expérience de plusieurs années dans le domaine de l'interview, je vous propose le récapitulatif des rencontres que j'ai pu avoir avec vos acteurs ou actrices préférés, et je vous joins les interviews correspondantes.

Tout vous est relaté, sans fard ni dissimulation, et sans aucune langue de bois. Vous allez découvrir que certaines stars sont loin de l'image que l'on veut donner d'elles, que ce soit en bien ou en mal.

N'hésitez pas à me laisser vos commentaires pour me relater vos
impressions.... Alors, bon voyage de l'autre côté du miroir...

Aujourd'hui :

EN LIVE AVEC LES STARS !

09 octobre 2015. La comédienne est présente à l'excellent festival Arte Mare de Bastia en tant que membre du jury.

Rendez-vous est pris dans l'après-midi, dans l'enceinte du théâtre municipal. Lorsque je me présente à elle, Andréa Ferréol me tutoie immédiatement et se montre très conviviale. Véritable boule d'énergie, elle accepte de me suivre à l'étage afin que nous puissions converser dans un endroit calme.

Une fois installés, elle me fixe de son regard bleu acier, et, avec un grand sourire, me lance un prometteur : "Quand vous serez prêt !"... L'interview peut donc commencer...

D'aussi loin que remontent vos souvenirs, vous avez toujours eu une âme d'artiste... Vous êtes peintre, actrice...

(Elle me coupe)... Je n'ai jamais été peintre ! J'ai fait l'Ecole des Beaux-Arts, mais ce n'est pas pareil. Une page blanche devant moi restera blanche ! Artiste... (Elle réfléchit)...Il y a beaucoup de choses que j'aurais aimé faire dans ma vie... J'aurais aimé être chanteuse d'Opéra car c'est ce que j'aime le plus au monde ! J'aurais aimé faire du sport, or je n'en fais pas du tout... Je suis comme Churchill : "No sport". Vous savez, je suis exigeante avec moi-même, ce qui veut dire que si je suis chanteuse d'opéra, je dois être au moins comme Maria Callas ! Si je suis peintre, je dois être au moins comme Picasso ! Alors vous voyez, si je n'arrive pas à ce résultat, autant laisser tomber tout de suite ! (Nous rions).

 

EN LIVE AVEC LES STARS !

Bien entendu, on ne peut prononcer votre nom sans évoquer le légendaire "La grande bouffe" de Marco Ferreri. Lors du tournage de ce film, vous rendiez vous compte de l'impact qu'il allait avoir ?

Non, pas du tout ! Vous savez, j'étais à l'époque une jeune comédienne qui était heureuse de faire ce film. La seule perception que j'avais, c'est que c'était un passage important pour moi car il y avait ce metteur en scène italien. J'avais vu beaucoup de ses films et je savais ce qu'il représentait. De plus, j'allais jouer avec 4 acteurs (Philippe Noiret, Marcello Mastroianni, Michel Piccoli et Ugo Tognazzi) qui n'étaient pas des moindres ! Je savais donc que ça allait être important, mais à quel niveau, je ne savais pas vraiment.

La nudité est très présente dans le film...

En ce qui me concerne, je n'ai jamais eu l'impression d'être totalement nue dans ce film. On voit mes fesses, on voit mon buste quand je fais l'amour avec Marcello, mais je ne suis pas nue !

(Je fais une moue dubitative)...

Ah mais oui ! Il faut regarder les choses comme elles sont ! Ou je suis habillée court avec un pull-over très épais ou je porte des chemises de nuit, certes transparentes, mais des chemises de nuit ! Il y a donc toujours quelque chose entre mon corps et l'oeil de l'autre...

Et ça, c'était le désir du réalisateur ou c'était plutôt lié à l'époque ?

Ah... (elle réfléchit)...

Pensez-vous qu'aujourd'hui, ce serait tourné d'une manière différente ?

Au jour d'aujourd'hui, peut-être qu'on me demanderait d'être nue. Ceci dit, il est amusant de voir que les gens, quand on évoque "La grande bouffe", me recoivent comme nue, alors qu'en fait, si vous regardez bien le film, je ne le suis pas... réellement !

Croyez-vous que les hommes veulent vraiment avoir ce genre de regard ?

(Elle sourit)... Cela veut donc dire que le film est réussi ! Si vous m'y voyez nue, cela veut dire que votre imagination va au-delà de mes chemises de nuit ! (Nous rions)

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Par contre, dans le film "Despair" de Reiner Werner Fassbinder, je suis nue comme un ver ! Il y a une scène dans laquelle je suis dans un hall. Il y a une glace, derrière il y a Dirk Bogarde, je le regarde, je vais jusque sur le lit et je m'y allonge... Je suis nue. Là, oui ! Mais pas dans "La grande bouffe" !! (Elle rit).

Vous avez tourné avec les plus grands metteurs en scène. Quel est celui qui vous a le plus marqué ?

Oh ils sont nombreux ! Tout dépend de leur travail, de la connivence que tu as avec eux, si tu les vois après le tournage, si tu te lies d'amitié, si tu les revoies bien après... C'est un mélange de tout ça. J'ai fait de très beaux films (j'en ai fait de très mauvais aussi pour payer les impôts), car les comédiennes sont très dépensières... (elle rit). En fait, nous avons un métier très étrange. Tu peux ne rien faire pendant deux mois, et, tout d'un coup, tu as une somme d'argent conséquente qui tombe d'un coup ! Il faut donc payer ci, payer ça, repayer ci, repayer ça et à la fin, il ne te reste plus rien, ou très peu ! Tu dois donc vite refaire un film pour pouvoir vivre. C'est d'ailleurs le problème des banquiers ! Il ne comprennent pas pourquoi un comédien n'a jamais d'argent... Dans ce métier, on peut très bien rester 4 mois sans toucher un centime !

Mais pour en revenir à ta question, j'ai beaucoup aimé Alain Cavalier, avec lequel j'ai fait deux téléfilms, et Francesco Rosi. Il y a aussi des metteurs en scène inconnus, comme Edith Bruck, que personne ne connait, qui est une hongroise juive qui a été dans les camps dans sa jeunesse. C'est une dame intelligente, ouverte, avec laquelle j'ai une relation tout à fait privilégiée. Elle habite Rome, et quand je m'y rends, je ne manque pas de lui rendre visite.

Quel rôle vous a donné le plus de mal ?

Celui de Lydia dans "Despair" parce que c'était une petite femme, une femme oiseau. Il fallait que j'apprenne comment j'allais marcher, comment j'allais fumer, comment j'allais parler, comment j'allais manger. Moi, j'ai un côté un peu "brut de décoffrage" et c'était donc tout mon contraire ! Il fallait que je pense à tout ça.

Vous étiez totalement à contre-emploi...

Totalement ! Il fallait que je trouve comment faire vivre cette personne !

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Mais une fois que tu lui as donné vie, tu es très, très heureux.

Outre les plus grands réalisateurs, vous avez également tourné avec les plus grands acteurs. Quel est celui qui vous a la plus touché ?

(Sans hésitation) Mickey Rourke (Sa voix s'est soudainement considérablement adoucie)

(Etonné) Pourquoi lui ?

Parce que c'est quelqu'un de très émouvant, très touchant, très sain. (Elle réfléchit...)... Très sain et très malsain en même temps, je ne sais pas comment dire... C'est un homme qui s'est très vite retrouvé dans la rue, qui n'a pas été élevé par ses parents mais par sa grand-mère. Sur le film que nous avons tourné ensemble, il y avait son frère. Et tous les matins, au maquillage, ce dernier faisait enregistrer un petit mot pour sa mamie qu'ils lui envoyaient par internet. C'était émouvant parce qu'on sentait que leur grand-mère était leur vie...

Quand des jeunes venaient chercher des conseils auprès de lui, il me demandait de leur dire qu'il ne fallait pas faire ce métier. Aux Etats-Unis, Mickey a été très vilipendé. C'est un acteur de la côte est et il ne s'est pas bien entendu avec la côte ouest. Là-bas, on ne voulait pas de lui. Ce n'est pas quelqu'un qui a tout de suite été adopté dans le cinéma. Il s'est beaucoup battu pour faire des films ! C'est quelqu'un qui n'est pas lisse, et ça, ça me plait.

Alors, pour en revenir à ta question, évidemment que Dirk Bogarde, Burt Lancaster étaient des gens sympathiques, qui te prenaient sous leur aile pour aller dîner, pour sortir, et qui te racontaient des choses formidables. Mais pour ce qui est du côté touchant, c'est Mickey Rourke. Romy Schneider était également très touchante. Nous avons tourné ensemble "Le trio infernal" de Francis Girod. Alain Delon était dans le studio et elle le savait. Avec Romy, nous buvions un verre dans le hall, mais c'était uniquement parce qu'elle attendait qu'il passe pour qu'elle puisse lui dire bonsoir, tellement elle en était amoureuse ! Et pourtant, ils n'étaient plus ensemble, c'était fini ! Mais elle voulait le voir, juste pour lui dire bonjour ou bonsoir. Voilà ! Ca, ce sont des gens émouvants...

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Tu comprends ? Ce sont des gens dont tu sens toute la souffrance. Tu sens tout un passé, une profondeur, que beaucoup d'autres n'ont pas. Ce sont donc des gens qui m'émeuvent, voilà !

Je suis désolé de t'imposer cette gravité...

Mais je vous en prie... Je vais remettre un peu de légèreté dans l'interview ! Nous allons parler d'un film qui m'a régalé : "Au bon beurre" d'Edouard Molinaro.

Ah ouiiii !

Avec votre rôle de crémière un tantinet collabo...

Plutôt FN ! (Elle rit). Collabo FN !

Vous aimez ces rôles de garce ?

Oui, j'aime bien ! Le problème de mon métier, c'est qu'en France, on te met dans un tiroir. Si tu es petite et ronde, tu joues des servantes. Si tu es grande, mince, blonde et belle, tu joues les jeunes premières... Alors, une fois qu'on t'a mis dans un tiroir, c'est très difficile d'en sortir ! Alors, ça veut dire quoi ? Ca veut dire que quand j'ai commencé à faire "Le bon beurre", c'est à dire un personnage dur, rude, collabo et pas si sympathique que ça mais en même temps pas si anthipathique que ça, ont découlé plein d'autres rôles du même type ! Alors quand ça arrive, tu fais quoi ? Tu dis non et tu ne travailles plus du tout, ou tu dis oui et tu travailles ?

Evidemment, tu dis oui et tu travailles, mais enfermée dans un carcan. Et voilà ! C'est terrible, mais c'est la France !

Si vous deviez vous définir en un mot ? Quel serait-il ?

Battante. Volontaire. Exigeante... (Elle réfléchit)... Je vais te dire un mot qui va t'amuser : travailleuse ! Mais tu vois dans quel sens je le dis !

(Je ris)... Mais ça ne m'a même pas effleuré l'esprit !

(Elle rit)... On ne sait jamais !

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Sur internet, je suis sûr qu'ils vont y penser, alors autant le dire tout de suite ! (Nous rions)

Je suis quelqu'un qui est dans l'action, qui va de l'avant !

Vous êtes une vraie boule d'énergie !

Oui. Je crois que quelqu'un disait, dans un film, "On pense toujours au passé et on est toujours vers le futur. Vivons aussi le présent !". C'est vrai qu'on vit le présent, mais est-ce qu'on le goûte assez ? Est-ce qu'on s'en imprègne assez ? C'est souvent la question que je me pose. Depuis trois jours, mon présent, c'est Bastia, le festival, voir des films. Alors évidemment, demain je serai déjà à Rome pour un autre festival, mais aujourd'hui, je suis ici, sous le soleil bastiais, avec les gens d'ici, leur convivialité, leur gentillesse et la manière dont on est reçu, l'amitié qui se dégage de ce festival, et voilà. Ca, c'est Bastia !

Vous auriez récemment déclaré dans un média : "Omar Sharif a été l'amour de ma vie"...

(Sa voix se fait brusquement très tendre)... C'est une réalité.

Alors que vous auriez déclaré par ailleurs : "Les meilleurs amants sont les italiens !"... Alors quoi ? (Je souris)...

(Elle s'emballe) Ah mais mon chéri, je n'ai pas eu qu'Omar Sharif dans ma vie !!! J'ai eu des italiens, j'ai eu un grec, j'ai eu quelques français, j'ai eu un ou deux allemands... J'ai été très européenne avant l'heure, sur tous les plans ! (Nous rions)...

Mais Omar Sharif était égyptien !

Oui, mais il a tellement vécu en europe !

Omar a donc été mon grand amour. Et de 1984 à 2014, au moment où il est parti pour l'Egypte, j'étais tout le temps avec lui car, à la fin de sa vie, il avait besoin que l'on s'occupe sérieusement de lui étant donné qu'il perdait un peu la tête (il avait la maladie d'Alzheimer). Voilà. Quand vous lirez mon bouquin qui va sortir, j'espère au printemps prochain, vous y découvrirez tout un chapitre sur Omar et vous verrez ce que j'ai aimé... et souffert.

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Vous avez récemment déclaré que la femme était plus forte que l'homme...

Mais c'est évident ! Evidemment, physiquement, elle ne peut pas porter un sac trop lourd. Mais derrière un homme politique ou un homme important, il y a souvent une femme qui se cache, qui le manage, qui lui parle... c'est bien connu !

Vous avez une âme féministe ?

(Elle fait la moue) Non... pas vraiment. Mais je trouve souvent que les hommes sont très lâches, qu'ils promettent des choses qu'ils ne tiennent pas...

Ca se saurait... (Je souris)...

(Elle sourit)... Oui, ça se saurait !

Si vous pouviez changer quelque chose à votre histoire, que changeriez-vous ?

OOOOOhhhh... beaucoup de choses !!

A ce point là ??

Oh oui ! Je réaliserai mon rêve : être chanteuse d'opéra !! C'est le rêve le plus absolu de ma vie !

Associer la voix avec la musique est pour moi un art majeur ! Je ne peux pas le faire car je n'ai pas la voix et je n'ai pas travaillé. Mais de toute façon, il est indéniable que je n'ai pas la voix ! Que vous le vouliez ou non, les chanteurs d'opéra naissent avec un organe, et après, en travaillant, ils l'agrandissent et deviennent sublimes ! Pavarotti n'avait qu'à travailler et apprendre ses rôles. Et il y en a plein d'autres comme ça.

(Ses yeux s'illuminent) Moi, ce serait me retrouver en scène et... (Elle pousse quelques vocalises)...

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Et là, ce serait une des plus grandes jouissances qui pourrait m'être accordée ! Produire un superbe chant...

C'est paniquant, mais quand tu sens que ça vient du plus profond de toi... Wahoo ! C'est extraordinaire ! Tu sais, les choses reviennent constamment. Moi, je n'ai pas envie d'être footballeuse, alors je ne le dis pas ! Courir après un ballon... Quelle horreur, quelle fatigue ! (Elle rit)

Alors que tout à l'heure, vous me parliez de sport !

Mais justement ! J'ai couru une fois après une balle de tennis et j'ai trouvé qu'elle allait trop vite pour moi ! Je suis montée une fois sur des skis et je me suis dit que j'allais me casser quelque chose. J'ai immédiatement arrêté. Je suis montée une fois sur un cheval. Il s'est un petit peu emballé. Dès que je suis arrivée, j'en suis descendue et je ne suis plus jamais remontée ! C'est pour cela que le sport, très peu pour moi, sauf un peu de natation l'été, mais pas dans la mer parce que j'ai peur des poissons !

(Nous rions) En tout cas, je vous remercie beaucoup de m'avoir reçu.

Mais je vous en prie.

Reportage photo réalisé par Erica Lavalle

Reportage photo réalisé par Erica Lavalle

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Commenter cet article

chantal 21/10/2015 17:23

Une femme pétulante, une interview enjouée, je me suis régalée ! Merci de nous avoir fait profiter de ce bon moment !

Vénus 20/10/2015 21:25

Un véritable rayon de soleil cette Andrea ! Interview trèèèèès intéressante, d'ailleurs ce n'est pas vraiment une interview, cela ressemble plus à une conversation sympathique entre deux amis !! Andrea est sincère, pleine de vie et très complice avec son interlocuteur ;-) Bravo et encore une fois, MERCI SOS Movies !!

Patrick05 20/10/2015 18:35

Merveilleux de spontanéité et de confidence ;)

Françoise11 20/10/2015 13:58

Excellent moment avec cette actrice pétillante ! Vous avez dû passer un moment exquis...

Palilia 20/10/2015 10:29

Elle est incroyable et lumineuse et tu as un peu papillonne ce coup-ci mon ami