EN LIVE AVEC LES STARS !

Publié le par corsu61

Cette catégorie vous permet de découvrir les stars sous leur vrai jour, et non celui qu'elles veulent bien montrer par l'intermédiaire de leur agent, leur attaché de presse, ou leur prestation dans une émission de télévision.

Pour cela, profitant de mon expérience de plusieurs années dans le domaine de l'interview, je vous propose le récapitulatif des rencontres que j'ai pu avoir avec vos acteurs ou actrices préférés, et je vous joins les interviews correspondantes.

Tout vous est relaté, sans fard ni dissimulation, et sans aucune langue de bois. Vous allez découvrir que certaines stars sont loin de l'image que l'on veut donner d'elles, que ce soit en bien ou en mal.

N'hésitez pas à me laisser vos commentaires pour me relater vos
impressions.... Alors, bon voyage de l'autre côté du miroir...

Aujourd'hui :

EN LIVE AVEC LES STARS !

11 décembre 2015. La comédienne est présente au théâtre municipal de Bastia afin d'y interpréter la pièce "La Vénus à la fourrure", mise en scène par Jérémie Lippmann.

Rendez-vous est pris à 12h à l'hôtel " Les Voyageurs", dans le petit salon qui m'est habituellement réservé pour les interviews.

A 11h30, Marie Gillain arrive, en compagnie de son agent, et se présente à la réception de l'hôtel. Lorsqu'elle m'aperçoit, elle vient immédiatement à ma rencontre afin de me saluer, geste simple et convivial qui me ravit car, de façon générale, les artistes attendent plutôt que ce soit moi qui me déplace...

Elle me reconfirme alors l'heure de l'entretien et part prendre possession de sa chambre, en me quittant avec un grand sourire.

A midi pile, elle revient s'installer près de moi, dans le canapé du petit salon, et se déclare prête pour l'entretien...

Durant tout ce dernier, Marie Gillain se montrera particulièrement attentive, précise, réfléchie et très agréable. Ne fuyant aucune question, elle optera pour la franchise tout en répondant quelquefois avec une certaine malice et une bonne dose d'humour...

Vous pouvez donc commencer à déguster cette interview qui, je l'espère, vous fera passer un aussi bon moment que celui que j'ai vécu...

Marie Gillain, bonjour et bienvenue en Corse...

Merci, c'est gentil.

Vous avez commencé ce métier très jeune. Savez-vous d'où vous vient cette envie ?

Oui. Elle remonte à mon plus jeune âge. Quand j'étais petite, j'étais obsédée par les funambules, les équilibristes et par le monde du cirque en général. J'avais donc "tanné" ma mère afin qu'elle tende une corde entre deux arbres, dans notre jardin. Une fois que j'ai obtenu satisfaction, je me suis entraînée tous les jours à marcher sur cette corde, habillée en tutu, été comme hiver ! Ca a commencé comme ça ! j'adorais la sensation d'être suspendue au dessus du vide, et de maintenir ce cap tout en restant concentrée sur le fait de ne pas tomber. 

Et mes premiers émois de comédie... (Elle réfléchit)...

EN LIVE AVEC LES STARS !

A la maison, on riait beaucoup ! Je viens d'une famille qui a la fibre artistique. Mon père n'était pas du tout comédien mais ma mère, elle, avait créé un atelier d'expression pour tous les enfants du petit village dans lequel nous habitions. J'avais donc ça à portée de main. Nous avions un énorme grenier qui s'était presque transformé en salle de théâtre !

De plus, j'ai, très jeune, été attirée par la danse. J'ai fait beaucoup de danse classique...

Quel mélange ! (Je souris)

Oui ! J'ai donc commencé à être passionnée vers l'âge de trois ans et demi. Ce n'était pas très tard ! (Elle rit)...

Je crois d'ailleurs savoir que, plus tard, vous avez même eu une amourette avec un funambule...

Exactement ! (Elle sourit). Amourette qui n'a pas duré. Il m'a fait tomber de son fil ! (Elle rit)...

Il doit le regretter ! (Je souris)... Votre carrière a explosé très tôt. D'abord avec le film "Mon père ce héros" de Gérard Lauzier, puis avec "L'appât" de Bertrand Tavernier. Ne croyez-vous pas que, finalement, c'était peut-être trop tôt ?

(Elle réfléchit)... C'est toujours compliqué de porter un regard là-dessus parce que chacun a sa vie, et elle est ce qu'elle est ! Je pense que j'ai quand même gagné beaucoup de temps, si on s'attarde sur l'aspect extrêmement positif de la chose. Ca a été une chance de pouvoir, à seulement 16 ans, plonger dans cette passion qui m'animait depuis très longtemps. Ca m'a permis d'avoir accès à de très beaux personnages, et ce, très jeune. Aujourd'hui, c'est une certitude, si vous êtes une jeune comédienne débutante de 27 ans et que vous vous présentez à un casting, on va vous faire comprendre qu'à cet âge, il est trop tard ! Vous êtes déjà considérée comme entrant dans la catégorie des vieilles ! Moi, j'ai commencé très jeune, ce qui, peut-être, m'a permis d'avoir plus de longévité. De plus, cette passion m'a permis de me sortir de mon microcosme. Comme je vous l'ai dit, j'habitais un petit village de Belgique. Et le fait qu'une très jeune fille débute avec un film comme "Mon père ce héros", avec Gérard Depardieu, a déclenché un séïsme dans mon village et dans le pays puisque c'était la première fois que cela se produisait.

Rendez vous hommage à vos parents de vous avoir laissé tenter votre chance si jeune ?

Franchement oui, parce qu'en plus, ils m'ont permis de rester lucide. Je ne suis pas partie dans des délires de mégalomanie...

(Je la coupe)... Vous n'avez jamais pris "la grosse tête" ?

Je ne sais pas si je n'ai jamais pris "la grosse tête" parce qu'il ne faut jamais dire jamais, Durant mes premières années de carrière, j'ai été très gâtée ! Ce qui fait que j'ai associé le succès avec une certaine forme de normalité. Comme si le succès était une chose normale ! Il ne faut pas oublier que j'étais adolescente...

EN LIVE AVEC LES STARS !

Vous êtes aujourd'hui maman de deux petites filles. Comme réagirez-vous si, un jour, elles émettent le souhait de devenir comédiennes ?

(Elle réfléchit)... Je ne tiens ni à mystifier, ni à diaboliser mon métier. C'est un métier que j'ai choisi, que j'aime profondément et qui a des aspects franchement géniaux. Se réveiller le matin et se dire qu'on va se retrouver dans une salle de répétition avec une bande de "loustics" comme ceux que j'ai rencontrés sur "La vénus à la fourrure"... (Elle sourit)... Se dire qu'on va s'éclater, qu'on va explorer les émotions, qu'on va monter sur une scène, c'est génial ! Rien que pour ces moments là, c'est fabuleux. Et au cinéma, se retrouver avec une équipe de tournage... Le monde s'arrête un peu et on redevient comme des enfants, mais des enfants adultes.

Pour en revenir à l'essence même de votre question, je pense que chacun a sa vie à faire. Il faut faire les choses pour des raisons personnelles. Je ne veux donc pas que mes filles aient l'ombre trop envahissante de leur mère. J'ai envie qu'elles aient confiance en elle et qu'elles n'aient pas de complexe par rapport au fait que je fasse un métier d'image. Et je le démystifie beaucoup... Elles savent parfaitement que quand je me retrouve sur la couverture d'un magazine, il y a des retouches ! Elles me connaissent très bien dans la vraie vie, en pyjama à 7h du matin avec les cheveux hirsutes ! (Elle sourit)... Après, s'il y en a une qui me dit "Maman, je veux faire ce métier parce que c'est ma raison de vivre !", je ne vois pas pourquoi je l'en empêcherais !

Préparer cette interview a été très compliqué de par le fait que vous touchez à tout. Vous faites de la télévision, du cinéma, du théâtre, de la publicité, vous avez été l'égérie de grandes marques (parfum et joaillerie), vous chantez.... Quel est finalement votre support média favori ?

(Elle réfléchit)... Ma passion c'est... la création. Raconter des histoires avec des gens... (elle réfléchit de nouveau)... qui aiment raconter des histoires, tout simplement ! (Elle rit).

Ce sont donc le cinéma et le théâtre...

Oui ! Ma passion, c'est jouer. J'adore aussi chanter, mais c'est plus pour l'impression de liberté. Quand un chanteur est aussi auteur de ses propres textes, ça fait un peu fantasmer les acteurs. Je m'explique : quand on est acteur (à part si on écrit ses propres films), on ne dit pas ses propres textes ! On est donc toujours au service d'une oeuvre, d'un metteur en scène, d'un univers. Quand on est chanteur, on a la possibilité d'interpréter ses propres textes ! De plus, j'aime bien la vie des musiciens, un peu nomade...  Tout ça est relié à mon enfance et ma passion pour le monde du cirque... Le fait d'être tous ensembles, les roulottes etc...

J'aime beaucoup votre duo avec Martin Rappeneau sur la chanson "Les figures imposées"...

Oui. Elle est chouette !

 

Vous avez récemment déclaré : "Femme enfant, femme fatale, je ne suis aucune des deux". Alors, comment vous définissez-vous ?

Très honnêtement, je ne me définis pas et en fait, je n'aime pas tellement  ça.  Dans mon métier, ce qui m'anime le plus, ce sont les personnages que j'interprète. Ce sont eux qui me transcendent, c'est l'émotion suscitée par eux qui m'intéresse...

Je comprends. Mais vous-même, dans votre for intérieur ?

(Elle réfléchit)... Je ne me mets pas vraiment de limites. Je suis profondément enfantine, ça c'est une chose certaine. Et je recherche ça chez les gens. Chercher l'enfant qui se cache derrière cette enveloppe d'adulte. J'aime voir les enfants en chacun de nous, et c'est cela qui m'anime ! Pour moi, l'enfant, c'est la capacité de s'émerveiller.

Vous êtes d'ailleurs ambassadrice de l'association "Plan Belgique" en faveur des enfants dans les pays en développement, et vous avez tourné un clip, avec votre fille Dune, qui dénonce les mariages forcés des mineures à travers le Monde...

Tout à fait.

Pour en revenir à votre question précédente, ce qui m'anime, ce sont donc tous les aspects de l'humanité. Evidemment, comme je suis une femme, je suis cantonnée aux rôles de femmes.

Par exemple, ce qui est génial dans le rôle que je tiens dans "La Vénus à la fourrure", c'est que c'est un rôle extrêmement multiple. C'est une femme qui est à la fois enfantine et totalement dans le présent. Et personnellement, je pense être aussi quelqu'un qui vit dans le présent. Je ne suis pas une nostalgique ni quelqu'un qui se projette longtemps à l'avance.

Ce que vous me dites est amusant car vous avez déclaré, il y a quelques temps : "J'aime quelquefois jouer des rôles dans lesquels la femme montre qu'elle en a dans le pantalon"... 

(Elle sourit)... Mais il y a aussi le paysage des films et ce que vous inspirez, ou non, au metteur en scène. Au plus profond de moi, j'aime les femmes combattives. Et dans toutes sortes d'univers. C'est pour cela que j'aime, par exemple, les films de Ken Loach. Chez ce dernier, il y a cette dimension de combat, ancrée dans une réalité sociale, mais toujours avec une forme d'espoir. (Elle réfléchit)... Peut-être pas d'espoir, mais plutôt de lutte ! Et j'adore ça !

Je ne peux éviter de pointer du doigt l'indéniable côté séductrice que vous possédez. Est-ce pour vous un atout important ? Que ce soit pour décrocher un rôle ou lorsque vous en interpréter un ?

On séduit tous, à notre manière. Il ne s'agit pas de dire "Je ne suis pas une séductrice". Mais très honnêtement, je n'ai jamais été quelqu'un de douée pour cette fameuse "Séduction" qui a tendance à me fasciner chez certaines femmes. Cette séduction calculatrice, celle qui est liée à l'ambition... ce n'est pas du tout mon crédo.

Vous me décrivez là le mauvais côté de la chose...

Oui, mais, sans rentrer dans le côté diabolique, il y a beaucoup de femmes qui usent de leur charme, parce que, d'une certaine façon, elles connaissent bien les hommes et ont très vite compris leur fonctionnement. Elles ont donc une manière de se comporter qui n'est pas du tout la mienne !

J'ai compris. Vous ne vous servez pas de votre séduction comme d'une arme !

Ah pas du tout !... La seule fois de ma vie où j'ai fait un casting, il y a très longtemps, et pour lequel je m'étais dit que j'allais peut-être sortir le décolleté plutôt que de penser à mon personnage et à travailler mes scènes, ça n'a pas marché !! Tout simplement parce que ce n'était pas mon vrai "Moi". Alors qu'une autre actrice assumant totalement cette séduction aurait sûrement décroché le rôle. Vous comprenez ?

Vous me prenez cet exemple d'une actrice qui se sert de sa séduction comme une arme. Alors je vais vous sortir un autre exemple : la montée des marches du festival de Cannes 2015. Quand vous êtes apparue... vous étiez somptueuse !

Ah oui, là pour le coup, c'était... (Elle éclate de rire)...

Vous n'allez pas me dire que là, vous n'aviez pas sorti le décolleté !

Quand j'aurai fini de vous raconter comment ça s'est passé, vous allez rire ! En fait, deux heures avant cette montée des marches, je ne savais toujours pas quelle robe j'allais mettre. J'en avais repéré une que j'adorais mais que je n'avais pas essayée. Ca s'est donc fait totalement "à l'arrache", dans une effervescence de bonne humeur et d'urgence !

Et vous avez fait un carton !

Comme quoi, c'est quand on se prépare le moins... (Elle rit).

Revenons au cinéma. Avec quel acteur vous êtes-vous le mieux entendue et avec quel metteur en scène vous êtes vous le moins entendue ?

(Elle réfléchit longuement)... Oh là là... Vous me posez une colle ! (Elle réfléchit de nouveau)...

Prenons la question sous un angle différent. Vous entendez-vous avec tout le monde ?

Disons que je ne déteste personne. J'attends avant tout du respect de la part de la personne avec laquelle je travaille. Ca passe par le respect de soi-même et de l'équipe. Ce sont les bases. Si avec cela, il y a en plus de l'humour, de l'esprit et de la générosité, alors là, c'est super !

Et avec les metteurs en scène ? Vous n'allez pas me dire que tout est toujours rose ! Comment gérez-vous les conflits ?

En fait, je n'ai jamais eu de gros soucis avec un metteur en scène parce que je suis quelqu'un qui dit les choses. Ca doit être assez féminin. Je n'intériorise pas les frustrations et je n'attends pas l'explosion atomique pour me libérer de mes mécontentements. Quand ça ne va pas, je ne laisse pas pourrir le truc !

Et quand, certaines fois, j'ai senti qu'un metteur en scène était moins ouvert, plus renfermé et plus replié sur lui-même, et bien je me suis mise dans ma bulle... 

EN LIVE AVEC LES STARS !

Je pense qu'il y a toujours un moyen de bien vivre. Et puis, l'avantage que l'on a, dans ce métier, c'est que cela ne dure jamais très longtemps. Vous savez que finalement, si vous avez quelqu'un "dans le pif", ce sera fini dans deux mois. C'est une chance énorme.

Sauf s'il vous redemande...

Effectivement. Mais je ne suis pas sado-maso ! (Elle sourit).

Prenez l'exemple de "La vénus à la fourrure"... Alors là, pour le coup, si ça c'était mal passé, c'aurait été l'enfer ! Avec Nicolas Briançon, mon partenaire, cela fait un an que nous sommes très très souvent ensembles sur les routes ! Notre metteur en scène, Jérémie Lippmann est un amour de mec ! C'est quelqu'un de passionnant, qui nous a accordé sa confiance, qui nous a porté et qui ne nous a jamais jugés. Vous voyez, quand c'est comme ça, cela vous donne des ailes...

Ok. On vous a décerné un Ours d'Or à Berlin, le Prix Romy Schneider, Un Molière. Vous avez été plusieurs fois nominée aux Césars... Que pensez-vous de ces récompenses ?

(Elle réfléchit)... C'est toujours pareil : sur le principe, on se fout de ces récompenses parce qu'on ne fait pas ce métier pour ça. Alors, quand vous n'êtes pas dans la course, tout va très bien. Mais une fois qu'on vous met dans la course... (Elle fait la moue)... Tout d'un coup, vous vous transformez en petit cheval et vous avez l'espoir de gagner. C'est quelque chose qui se met en branle et qui, je crois, est assez humain. En fait, il faut être assez solide pour ne pas se laisser emmener dans cette espèce de machine... Récemment, j'ai reçu un Molière et j'ai pris ça comme un joli clin d'oeil pour quelqu'un qui fait du cinéma depuis 25 ans...

Quel est, selon vous, votre film le plus abouti ?

(Elle réfléchit longuement)... Je crois que c'est "L'appât" de Bertrand Tavernier. Parce que c'est un film qu'on peut revoir aujourd'hui, qui a très peu vieilli, qui est un film générationnel et qui se veut, encore maintenant, très contemporain.

Vous n'avez jamais été tentée par une carrière américaine ?

Si, bien sûr. J'ai eu, à l'époque, un agent américain, mais c'était à un moment de ma vie où je n'étais pas prête. Je n'avais pas envie de poser mes valises là-bas. Vous savez, pour faire une carrière aux Etats-Unis, il n'y a que deux solutions : soit vous faites un film qui passe les frontières et qui a une reconnaissance internationale, soit c'est le parcours du combattant en repartant de zéro. Ayant des propositions en France, je n'étais pas prête à cela.

Avez-vous des regrets ?

Peut-être de ne pas avoir été assez curieuse à mes débuts. Le fait d'avoir été une enfant gatée m'a finalement fait vivre mon adolescence comme avec des pantoufles. Et une adolescente en pantoufles, ça ne va pas. J'aurais dû me mettre plus en danger.

En parlant d'explorer... je trouve que, depuis peu, et au travers d'un reportage dans le magazine de charme "Lui" ou dans le rôle que vous interprétez dans "La vénus à la fourrure" (il faut signaler que vous y avez des scènes en lingerie), vous explorez un aspect sexy de votre personnalité que vous ne développiez pas avant...

C'est vrai.

Quelque chose s'est passé dans votre vie pour que vous vous disiez : "C'est le moment !" ?

Non, je n'ai pas découvert l'orgasme à 40 ans, je vous rassure !! (Nous explosons de rire)...

EN LIVE AVEC LES STARS !

Non mais ça pourrait être ça ! Mais ce n'est pas le cas ! (Elle rit de plus belle).

Reconnaissez que votre image sexy, de femme fatale, s'est amplifiée en l'espace d'une année...

C'est intéressant ce que vous dites... Peut-être parce qu'au début de ma carrière, j'ai eu des rôles assez sexués. Regardez celui de Nathalie dans "L'appât" ! Puis, peu après, j'ai eu des rôles nettement moins sexués, dans lesquels j'ai exploré d'autres aspects qui n'étaient pas liés à cela.

Et je ne sais plus qui m'a dit un jour : "C'est cela qui te manque. Revenir à des rôles sexués ! Non pas que tu sois asexuée, mais tu as ça en toi et tu ne l'exploites pas". En fait, je n'avais jamais pensé à ça parce que, pour moi, il n'est pas fondamental de montrer qu'on a un potentiel sexuel pour être une bonne actrice ! Il y a d'autres enjeux ! Mais finalement, j'ai trouvé l'idée intéressante.

Je ne remercierai donc jamais assez Jérémie Lippmann d'avoir pensé à moi pour "La vénus à la fourrure" parce que ce n'est pas moi qui suis allée chercher ce projet, c'est lui qui me l'a amené. Il faut reconnaître qu'avant, quand on pensait à moi, ce n'était pas forcément cet aspect "sexuel" qui revenait en premier. Mais attention, ce rôle n'est pas vraiment sexué ! Bien qu'effectivement, le personnage de Vanda ait des atouts et les utilisent comme arme, cela n'est pas l'aspect principal du rôle.

Comme une porte en ouvre une autre, c'est après qu'on m'a proposé la couverture de "Lui", puis que Pascal Thomas m'a proposé le rôle de Claudia dans "Valentin, Valentin".

Tout cela m'amuse beaucoup. Et cela a un effet "Boule de neige"... D'autres photographes ont été inspirés par moi... Cependant, quand désormais on me propose une séance photo, je dis "Attention ! Pas en soutien-gorge, petite culotte ! C'est bon ! Je l'ai fait, maintenant, je passe à autre chose !" (Nous rions). Je crois que dans mon métier, comme dans d'autres d'ailleurs, les gens ont besoin d'être rassurés en classant les personnes dans des catégories :"OK.  Marie Gillain est désormais dans la catégorie "femme fatale !"..

Mais c'est plutôt bien...

Evidemment, ça me fait plaisir...

Je crois savoir qu'il y a quelques années, cela vous déplaisait d'entendre que vous faisiez moins que votre âge. Or, aujourd'hui, c'est plutôt devenu un atout...

Oui. En plus, je crois que, pour une femme, 40 ans est l'âge auquel on s'assume. Si, à cet âge, on est encore en train de se demander qui on est... (Elle fait la moue).  Et puis, être également mère vous assoit dans votre féminité. Ca vous ramène encore plus à l'aspect organique et concret de la vie. De plus, ça vous donne une forme de puissance, en tant que femme...

Dernière petite question : je sais que votre rêve est d'avoir une maison en bois...

Je n'ai pas ma maison en bois, mais j'ai ma maison ! (Elle sourit).

Et bien merci beaucoup de m'avoir si gentiment reçu.

C'était super ! Je comprends que tous les comédiens veuillent faire une interview avec vous...

Oh merci. C'est très gentil de me dire ça. Ca me touche. Je vous souhaite un excellent séjour sur notre île.

Reportage photo réalisé par Pierre-Yves Jarassier. Un grand merci également à Alain Musetti pour son aide précieuse...

Reportage photo réalisé par Pierre-Yves Jarassier. Un grand merci également à Alain Musetti pour son aide précieuse...

Commenter cet article

corinne 16/12/2015 19:00

Merci pour cet interview qui est vraiment très intéressante ! astucieux mélange de photos et de petits films ! On découvre l'âme profonde des comédiens et par cela, ils deviennent beaucoup plus accessibles! très belle rencontre

chantal92 15/12/2015 21:21

Une interview que j'avais hâte de lire. Quel bon moment ! Marie est restée celle que j'ai découvert dans "Mon père ce héros ". Simple, enjouée, pleine de sincérité et ...jeune et jolie ! Merci Max pour le partage de cette belle rencontré.

Adelina 15/12/2015 19:36

Comme toujours, un entretien plein de piquant et de charme. Je suis fidèle à votre site car j'adore la façon dont vous restituez vos rencontres. Marie Gillain est superbe et conforme à l'idée que je me faisais d'elle... Longue vie à "SOS MOVIES" !

Patrick05 15/12/2015 17:10

Je n'avais pas suivi son cursus, et déjà 40 ans, elle fait tellement jeune qu'on n'a pas l'impression que le temps continue son chemin, en tous cas, belle interview maligne, coquine et charmante à la fois, j'en suis à ma 20ème lecture....non, je blague :)) Merci Max, du coup, on a l'impression que c'est nous qui l'avons rencontrée ;)

Jeffdu63 15/12/2015 13:53

Astucieux mélange de vidéos, de photos et de texte, votre interview est particulièrement intéressante. Une fois de plus, vous m'avez régalé. Qui plus est, j'ai découvert un nouveau visage de cet actrice qui me ravit. Merci pour cet instant de lecture. Amicalement