EN LIVE AVEC LES STARS !

Publié le par corsu61

Cette catégorie vous permet de découvrir les stars sous leur vrai jour, et non celui qu'elles veulent bien montrer par l'intermédiaire de leur agent, leur attaché de presse, ou leur prestation dans une émission de télévision.

Pour cela, profitant de mon expérience de plusieurs années dans le domaine de l'interview, je vous propose le récapitulatif des rencontres que j'ai pu avoir avec vos acteurs ou actrices préférés, et je vous joins les interviews correspondantes.

Tout vous est relaté, sans fard ni dissimulation, et sans aucune langue de bois. Vous allez découvrir que certaines stars sont loin de l'image que l'on veut donner d'elles, que ce soit en bien ou en mal.

N'hésitez pas à me laisser vos commentaires pour me relater vos impressions.... Alors, bon voyage de l'autre côté du miroir...

Aujourd'hui :

EN LIVE AVEC LES STARS !

06 janvier 2016. Agnès Soral est présente au théâtre municipal de Bastia afin d'y interpréter la pièce d'Armelle Jover "Soeurs (malgré tout)".

Rendez-vous est pris dans sa loge, après la représentation.

22h45. La comédienne se présente à moi et, après une courte concertation, il est décidé de se rendre à son hôtel dans lequel un petit salon particulier se révèle beaucoup plus chaleureux et adapté à ce type d'entretien.

23h00. Nous arrivons dans l'établissement et nous nous installons confortablement dans les canapés moelleux du salon privé de l'hôtel "Les Voyageurs".

Pendant tout l'entretien, la comédienne se montrera très accessible, particulièrement attentive et professionnelle jusqu'au bout des ongles. Elle n'évitera aucune question et ne sera jamais langue de bois, tout en évitant soigneusement et intelligemment de trop se dévoiler en profondeur sur les sujets les plus sensibles. Femme aux multiples facettes, elle restera constamment maîtresse d'elle-même et l'on sent bien qu'elle est parfaitement rompue à l'exercice.

Une fois l'interview terminée, elle se montrera à nouveau détendue, charmante et disponible, et ce, avec toutes les personnes qui se présenteront à elle (personnel de l'hôtel ou admirateurs).

Mais je vous laisse déguster cette rencontre avec la retranscription de l'interview ci-dessous :

 

Je voudrais revenir à la génèse de votre carrière... D'où vous vient cette envie de jouer ?

(Elle rit et réfléchit longuement)... Wahooo... "Retourne à ton enfance !"... (Elle rit de nouveau)... Et bien c'est en rencontrant l'acteur Jean-Claude Drouot (qui jouait à l'époque le personnage de Thierry La Fronde). Je me suis alors dit que jouer en tant qu'adulte, ça devait être vachement bien ! Quand j'étais enfant, je les voyais qui semblaient être très perturbés et qui parlaient de travail, ce qui avait l'air d'être très pénible... De plus, je me suis vite aperçue que j'étais très sensible, et quand on est comme cela, il n'y a pas beaucoup de place dans d'autres métiers que ceux liés à l''artistique...

J'ai bien pensé aussi au dessin... (Elle réfléchit)...

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Ou dans le sport... (Elle réfléchit)... Si j'avais eu le courage de faire un cursus scolaire, je me serais peut-être orientée vers le sport ou quelque chose comme ça.

Egalement menuisier ou ébéniste...

On entre dans le travail manuel pur... On quitte les métiers classés comme artistiques...

Je ne suis pas d'accord ! Il y a des ébénistes qui sont de vrais artistes ! On ne les classe pas dans cette catégorie, mais pour moi, ils en font partie intégrante. Regardez l'école "Boulle" !

Là, je suis d'accord avec vous. Mais c'est une école supérieure d'Arts appliqués, c'est encore différent !

En ce qui me concerne, les "manuels" sont des artistes. J'ai un grand respect pour les gens qui savent créer des choses avec leurs mains.

Ok. Revenons à l'historique de votre carrière... En 1977, vous crevez l'écran dans "Un moment d'égarement" de Claude Berri. Quels ont été vos rapports avec lui, ainsi qu'avec Jean-Pierre Marielle, qui interprétait l'homme qui succombe à vos charmes ?

Berri est un peu le père que je n'ai pas eu, dans le mesure où il m'a fait faire trois films : "Un moment d'égarement", "Tchao pantin" et le film de Volker Schlondorff qui s'appelle "Le roi des Aulnes", avec John Malkovich. C'était quelqu'un qui était dru, qui avait souffert. Il le raconte d'ailleurs, de façon un peu romancée, dans son film "Le vieil homme et l'enfant" avec Michel Simon. Le fait qu'il ait été un enfant caché pendant la guerre, parce qu'il était juif... C'était donc quelqu'un qui était extrêmement en souffrance. Il pouvait être assez dur avec les gens... Sur les tournages, il fallait toujours qu'il torture un peu quelqu'un... Comme j'avais compris cela, j'étais assez froide avec lui.

Vous avez instauré une distance entre vous ?

Ah oui ! Malgré cela, j'ai rarement autant pleuré à un enterrement qu'au sien. J'avais plein de regrets... Rétrospectivement, je pense qu'il me respectait en tant que comédienne. Toutefois, si j'avais été plus proche de lui, plus dans la complicité, il m'aurait détruite...

Je n'ai pas voulu rester dans l'image que je véhiculais dans "Tchao pantin" parce qu'il voulait que je sois l'égérie d'une génération "No future", alors que je suis quelqu'un plus "baba cool" que "punk". Il m'a d'ailleurs punie pour ça. Il m'a sanctionnée de ne pas avoir joué le jeu en faisant croire que j'étais "Lola la punk" ! En fait, c'était quelqu'un d'extrêmement dur.

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Et en ce qui concerne Jean-Pierre Marielle ?

Marielle, je l'adore. Il y a un vrai respect entre nous. Ceci dit, à l'époque, c'était un peu dur. En fait, je n'étais pas épatée par eux (Marielle et Lanoux), dans la mesure où j'allais très peu au cinéma. De plus, je sortais d'un gros pépin de santé (j'avais fait un coma) et je n'étais donc pas impressionnable ! J'étais intéressée par d'autres choses que le côté "on se prend la tête sous prétexte qu'on fait un film"... Ils m'ont donc sans doute trouvée assez effrontée...

Comme j'avais failli mourir, j'étais assez dure. En fait, j'étais encore dans un rôle de composition... J'étais un petit chat écorché, et comme j'essayais de ne rien prendre au sérieux, j'étais très déconneuse. En réalité, je travaillais et j'étais très sérieuse. J'avais déjà une formation théâtrale, méthode "stanislavskienne", et du coup, les gens n'arrivaient pas à me situer. J'étais très mature. Je vivais déjà seule.

Ils vous auraient préférée plus "groupie"...

Plus "groupie", plus gamine. Du coup, je n'ai pas du tout eu de protection. Ces gens ont été très durs avec moi. Victor Lanoux était vraiment... (son visage se crispe)... presque méchant avec moi... Cela dit, je m'en foutais ! A l'époque, ça ne m'a pas atteinte. On me ferait ça maintenant, j'en serais terriblement touchée ! En résumé, on ne peut pas dire que j'ai été bien accueillie... (Elle réfléchit)...  En même temps, c'était normal... Comme j'étais à poil dans le film, j'étais très agressive. Je "cassais" beaucoup les gens, grâce à un humour très "mec" pour que, surtout, personne n'ose me manquer de respect. Et eux ignoraient cet état de fait. Je ne leur ai pas expliqué pourquoi j'étais comme ça... En fait, c'était instinctif.

Pour en revenir à Jean-Pierre Marielle, j'ai beaucoup d'affection pour lui. Je trouve que c'est un très grand acteur et je suis contente d'avoir joué avec lui parce qu'à ce jour, c'est pour moi l'un des meilleurs acteurs français. 

En 1983, vous atteignez la consécration avec "Tchao pantin"...

(Elle me coupe) Entre temps, j'ai joué dans des téléfilms. J'ai eu des rôles principaux. J'ai joué avec Marcel Bozzuffi...

(Je la coupe en souriant) En fait, vous choisissez à chaque fois des partenaires connus pour être des vrais Mecs avec un grand M... Lanoux, Marielle, Bozzuffi...

J'ai eu de vrais bons acteurs et, effectivement, des garçons pas forcément très tendres, en tout cas avec le style de fille que j'étais... (Elle enlève sa veste pour être plus à l'aise)... Dans mon livre "Frangin", que j'ai sorti chez Michel Lafon, je parle de cette ambiguité... En fait, je ne me sentais pas totalement une fille... Ca peut paraître très étrange, hein ? Quelque chose en moi m'empêchait de me positionner comme une "fifille"... Même si j'étais charmante, je n'utilisais pas le charme féminin. Je me sentais androgyne.

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Je me comportais plus comme un petit mec. Peut-être une espèce de protection qui a eu pour effet de créer une relation particulière avec les gens... J'en parlais récemment avec Fiona Gélin... Elle, les gens là chouchoutaient, la "poupougnaient"... Jamais on ne s'est comporté comme ça avec moi ! On m'a plutôt savonné les planches...

En 1983, vous avez été nominée deux fois aux Césars pour votre rôle dans "Tchao pantin" dans les catégories "meilleur espoir féminin" et "meilleure actrice dans un second rôle". Aujourd'hui, savez-vous pourquoi vous n'avez pas décroché la fameuse récompense ?

Parce que cette année là, il y avait un très grand cru ! Sandrine Bonnaire portait le film "A nos amours" et Suzanne Flon était magnifique dans "L'été meurtrier" ! En plus de tout cela, il y avait Victoria Abril, etc... Il y avait, cette année là, une qualité énorme, et ce, dans les deux catégories ! Si je n'avais postulé que dans une, j'aurais eu mes chances. Mais mes voix étaient réparties sur deux catégories, ce qui est très dangereux. Même si, à titre de contre-exemple, Richard Anconina a été récompensé dans les deux (meilleur acteur dans un second rôle et meilleur acteur masculin), il n'en demeure pas moins que cela divise les voix... Ce n'est donc pas une bonne chose, et d'autant plus si vous ne connaissez personne dans le métier ! En ce qui me concerne, je ne faisais pas, et je n'ai jamais fait, de relationnel. Jusqu'en 1982, je faisais très attention de ne cotoyer personne du métier pour être dans la vraie vie...

(Je la coupe) Ce qui veut dire qu'être récompensé aux Césars n'est pas uniquement dû à la qualité de la prestation d'un artiste, mais également à la puissance de ses relations ?

(Elle réfléchit)... Pas seulement... (Elle hésite)... Moi, je ne portais pas le film. Sandrine Bonnaire, elle, le portait. C'était donc normal qu'elle soit récompensée.

Personnellement, j'ai un très beau rôle dans "Tchao pantin". Selon l'écriture d'Alain Page, mon personnage est très énigmatique. Je lui ai donné une pensée intérieure, une écoute... On voit ce qu'elle pense, cette Lola ! Dans le script, ce n'est pas du tout décrit... J'ai dû creuser pour découvrir ce qu'était la "Punkitude". A l'époque, les punks n'étaient qu'une pochette de disque... Il y avait les "Clash"... En France, ce n'était qu'une carte postale anglaise, on ne savait pas pourquoi les gens étaient punks. J'ai donc fait un gros travail là-dessus.

Mais vous savez, après ça, même les gens dans le métier m'ont trouvé très particulière ! D'ailleurs, ils avaient beaucoup de mal à raccorder "Un moment d'égarement" et "Tchao pantin" ! Alors bien sûr, j'aurais pu refaire ce personnage plusieurs fois, mais ça ne m'intéressait pas.

Vous ne vouliez pas vous faire enfermer dans un type de rôle bien précis ?

Non. Je refusais cela. De plus, je ne voulais surtout pas mentir à des gens dont j'aurais été l'égérie.

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De plus, j'avais envie qu'on reconnaisse le travail que j'avais effectué sur le rôle ! C'est comme dans la pièce que je joue actuellement, qui s'appelle "Soeurs (malgré tout)"... J'y interprète un rôle de composition, une bourgeoise coincée. Si après, les gens se disent : "Tiens, c'est une bourgeoise coincée !", ça me fait rigoler qu'ils puissent penser que c'est la réalité !

Ca prouve que le travail a été bien fait !

Justement ! Ce serait triste qu'ils ne voient pas que c'est un travail que j'ai effectué, et pas que dans le texte. J'ai beaucoup travaillé la gestuelle, l'écoute, la pensée du personnage.

Vous apparaissez au cinéma, au théâtre, à la télévision... Quel est votre support favori ?

J'adore le changement ! En fait, je n'ai pas de support favori. Je ne travaille pas de la même manière. Au cinéma, la caméra vient à vous. Au théâtre, vous allez vers les gens.

Quelquefois, au cinéma, on me demande de jouer des personnages excessifs. J'utilise alors une technique théâtrale, que je gomme. Au théâtre, j'essaie d'y mettre du coeur, avec toujours une totale sincérité, même si c'est un personnage qui est très loin de moi.

En réalité, l'acteur n'est pas totalement un menteur... On a tendance à croire ça, mais en fait, il cherche la vérité...

On est des fous, des mythomanes. On essaie de créer un monde, d'y croire, pour qu'ensuite, les gens aussi y croient totalement.

Vous arrivez toujours à gérer à la fois les côtés techniques et émotionnels?

Heureusement ! Cela s'appelle le métier. J'ai effectué ma formation avec de très grands acteurs ! Georges Wilson a été mon professeur ! Il était très dur. J'ai fait le conservatoire de Grenoble, qui était d'une très grande qualité !

Souvent, les gens pensent que parler juste, c'est bien... Mais parler juste, c'est juste ! Il faut toujours faire un peu plus, tout en essayant de ne pas mettre de l'égo dedans...

(Je la coupe) Vous êtes égotique ?

En fait, ce que je veux dire, c'est...

(Je la coupe à nouveau) C'est ma question !

(Elle me sourit et réfléchit longuement)... Il y a des gens qui essaient d'impressionner les autres. Moi, non. A la base, je suis un artisan. 

(Je souris)

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Venons-en au sujet le plus délicat de cet entretien... Vous avez une histoire familiale que l'on peut qualifier de compliquée...

(Elle me coupe)... Toutes les histoires familiales sont une source d'histoires qu'on qualifie d'inénarrables. Moi, je les qualifie de narrables ! (Elle sourit).

Vous avez eu un père, que vous avez vous-même qualifié de "pervers narcissique" et qui a été condamné pour escroquerie...

(Elle me coupe) Alors ça, c'est "Wikipédia" ! C'est une erreur et ils s'acharnent à mettre ça !

C'est une information qui est d'ailleurs revenue plusieurs fois dans certaines interviews...

Exactement ! Et ce n'est pas vrai !

Profitez alors de cet entretien pour rétablir la vérité !

Il a fait de la préventive ! Ce n'est pas parce qu'on a fait de la prison qu'on a été écroué ! Il n'y a pas eu de jugement parce qu'il est mort avant. Ca parait con, mais c'est comme ça. Son procès n'ayant jamais eu lieu, il est donc considéré comme innocent. 

Mais comme c'était un mec prétentieux qui n'était pas le roi de la communication (même s'il s'exprimait extrêmement bien) et qu'il était particulièrement vexant, cela a joué contre lui. Je le raconte d'ailleurs dans mon livre dans lequel j'y consacre tout un chapitre.

Il aurait été coupable, je le dirais tout autant, dans la mesure où je n'ai pas un oedipe aveugle. J'ai aimé mon père et il y a également des choses chez lui que j'ai détestées. Mais je pense avoir fait un travail d'analyse suffisant pour pouvoir dire les choses sans en avoir de honte. D'ailleurs, on l'a libéré ensuite et il est devenu fonctionnaire de l'Etat suisse, ce qui prouve qu'il n'avait pas de casier judiciaire.

La vérité est donc rétablie ! Vous avez également un frère, Alain, essayiste et idéologue connu pour ses idées extrêmes. Votre bouquin "Frangin"...

(Elle me coupe) J'aurais pu l'appeler "Frangin, Frangine", si ma soeur, par goût de la discrétion, ne m'avait pas empêchée de plus parler d'elle...

Ce livre est-il un exutoire ?

Tout est un exutoire.

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Je n'ai pas envie que mes filles, si cela dégénère et si, malheureusement, il y avait une redite de l'histoire (ce que je redoute et espère que cela n'arrivera jamais), portent le poids de la culpabilité. L'antisémitisme est un racisme primaire. Pour moi, les juifs ont été, depuis toujours, des boucs émissaires et c'est odieux.

Les choses sont claires. Je voudrais savoir comment, vous, vous vous définissez ?

(Elle réfléchit)... Alors là... Est-ce que j'ai même envie de le faire ? (Elle réfléchit de nouveau)...

Autrement, je vais tomber dans les déclarations style "Miss France". Je vais dire des conneries et  on aura envie de pleurer tellement ça aura l'air godiche... (Elle sourit et hésite longuement)...

 Je fais plus confiance aux autres qu'à moi-même, ce qui est ma plus grande connerie ! (Elle rit aux éclats).

En 2009, vous avez déclaré : "Le sexe et l'amour ne vont pas toujours ensemble". Vous le pensez toujours ?

Bien sûr ! On confond le sexe et l'amour. Ca n'a rien à voir ! D'ailleurs, il n'y a qu'à voir la façon dont les gens se traitent lorsqu'ils divorcent ! Pour des gens qui étaient supposés s'aimer pour toujours, ce n'est pas beau à voir ! Certains pensent que quand ils n'ont plus de désir, ils n'aiment plus. Ils pensent qu'ils aiment parce qu'ils ont du désir. Ca n'a rien à voir ! On peut aimer des gens et ne pas les désirer et on peut continuer à aimer quelqu'un et ne plus le désirer. On peut également désirer quelqu'un et ne pas l'aimer. Le distinguo serait intéressant à faire, même si le cul, c'est génial et que si on aime quelqu'un qu'on désire, c'est juste une pure merveille !

Vous croyez à l'amitié homme/femme ?

(Sa réponse fuse) Oui !

Sans jamais penser "sexe" ?

(Elle souffle)... Ce n'est pas grave d'avoir une pensée "sexe" ! (Elle réfléchit longuement)...

Vous hésitez ?

Non, je revoyais des passages de ma vie... Je faisais le point de mes amis... Il y en a que je ne désire pas du tout. S'ils ont une pensée "sexe" avec moi, ils vont être déçus... (Elle sourit)

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Mais là, vous parlez d'eux par rapport à vous. Ce qui m'intéresse, c'est le contraire...

Il m'est déjà arrivé d'avoir un ami que je désirais, et c'était réciproque. Mais il était fidèle à sa femme et je trouvais que c'était très louable de sa part de résister à l'envie qui était très forte ! (Elle rit). Et j'ai des preuves ! (Elle rit de plus belle).

Je ne suis pas sûr que le mot "louable" soit judicieux. Je sens comme une pointe de regret dans votre voix ! (Je souris)...

Non, non ! (Elle sourit)

Menteuse ! (Je ris)

Non, non ! Je dois dire qu'il est toujours avec cette personne et que, franchement, c'est un des mecs que j'admire le plus parce que je sais qu'il a fait des choix et que je lui aurais mangé la tête, c'est évident !

Quand vous dites "il a fait des choix", cela veut dire qu'il est possible qu'il y pense encore...

Oh... (Elle réfléchit)... Je ne sais pas. Je pense qu'il est bien avec sa gonzesse et il a raison. C'est un vrai compagnon de route. Cela dépend de ce qu'on cherche dans la relation...

Vous savez, être sûr de la relation et de la bienveillance de quelqu'un, ce n'est pas donné à tout le monde !

Dans une interview antérieure, vous vous êtes déclarée féministe ?

Je le suis depuis très longtemps ! Mais être féministe ne veut pas dire qu'on est contre les hommes... L''image de la féministe est généralement représentée par une nana frustrée qui est contre les hommes. Non ! Je suis pour le fait de rester vigilante concernant le droit des femmes !

Vous pensez que ce dernier est en danger ?

Bien sûr ! Vous voulez que je vous parle de l'Islam ? Du port du voile obligatoire ? De l'excision ? Vous voulez que je vous en parle ?

Dans le monde, l'excision est en recul...

En recul, mais elle existe encore bel et bien ! Et à Paris aussi ! Je le sais car je fais partie de l'association "Toi - femmes", qui lutte contre la violence faite aux femmes...

Je pense que les jeunes gamines ne se rendent pas compte du chemin parcouru par leurs aînées... Dans mon bouquin, je parle de ma mère et comment je suis devenue féministe à 8 ans ! Tout simplement parce qu'il y avait une vraie injustice sur le droit du travail et sur les salaires ! En 1968, quand ma mère travaillait, elle était payée deux fois moins qu'un homme !

Revenons à votre métier. Quand vous regardez derrière vous, quel est, à votre avis, votre travail le plus abouti ?

Je ne regarde pas ma carrière.

Vous ne regardez jamais en arrière ?

Je l'ai fait une fois avec ma fille cadette. Elle avait douze ans et elle me reprochait de ne pas lui montrer certains de mes films, que je ne pensais pas adaptés à son âge. Elle croyait que je la marginalisais car, en plus, elle ne savait pas que j'étais connue. On a donc regardé quelques trucs ensemble mais ça s'est limité à ça.

En plus, à l'époque, j'étais fiancée à un américain auquel j'avais oublié de dire que j'étais un peu connue. Forcément, quand il est venu en France, il a eu un petit choc...

Oublié ???

Mais c'est vrai ! J'avais oublié ! Je l'avais rencontré aux Etats-Unis. J'avais pensé arrêter ma carrière à 40 ans car je me disais que je n'avais connu que ça et qu'il fallait que je change de vie... Et à ce moment là, mon professeur Georges Wilson me propose de venir jouer "La chatte sur un toit brûlant", avec lui, en tournée ! Le rêve ultime pour moi ! Jouer avec mon Maître (parce qu'à l'époque, on l'appelait comme ça), c'était énorme !

Je me suis dit : "Ok, j'arrête le métier, mais avant, je vais faire la tournée"... Il se trouve qu'en plus, on me propose également de jouer dans un film de Jean-Michel Carré qui s'appelle "Drôle de genre"... Mon fiancé américain a donc eu un gros choc ! Du coup, je lui ai dit que je voulais bien arrêter ce métier pour faire autre chose...

En réalité, c'était tout à fait impossible car je tenais trop à ma passion !

En fait, j'aime plein de choses dans la vie. J'aime les enfants, la nature, la décoration intérieure, l'écologie... Mais mon métier est une chose que je sais faire et que j'ai de la facilité à faire.

Alors, pour en revenir à votre question, je pense que revenir en arrière n'est pas important. Ce qui l'est, c'est de se projeter vers l'avenir. Pour éviter de mal vieillir, il faut avoir des projets.

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C'est en se projetant vers l'avenir qu'on vit le mieux.

Vous avez peur de vieillir ?

Non. Vieillir est la seule technique qu'on ait trouvé pour vivre longtemps...

(Je ris) Jolie formule ! Quelle serait, pour vous, une carrière parfaite ?

Ne pas avoir besoin de faire de promo, avoir tout le temps du travail et que les gens viennent vous voir ! Là, ce serait vraiment le rêve !

D'ailleurs, le 23 janvier sur France 3, il y a un téléfilm, dont je fais partie, qui va être diffusé et qui s'appelle "Le sang de la vigne", avec Pierre Arditi...

Je fais également partie de l'association "Aquaverde" qui aide à la reforestation d'une zone des indiens suruis, au Brésil. Si les gens ont envie de se bouger pour l'Amazonie, je les invite à se rendre à cette adresse : www.aquaverde.org

Ca fait maintenant 40 ans que je m'égosille sur l'écologie et fort heureusement, les gens commencent à se rendre compte que c'est important. Il était temps !

Vous semblez être une personne très volontaire !

Je ne sais pas si je suis aussi volontaire que ça, mais en tout cas, je fais des choses ! Je considère que si on est contre l'injustice, il faut se bouger. On peut faire quelque chose ! Si on trouve que la Terre est en train de se pourrir, on a une action à faire chaque jour, soi-même. Je pense que l'individu ne se rend pas compte à quel point il a un pouvoir ! Le pouvoir d'acheter ou non, un pouvoir de comportement. Même à un tout petit niveau, on peut, tous les jours, participer, être un petit chaînon de la vie et faire bouger les choses. En cela, j'essaie simplement de faire mon dû, un petit peu tous les jours.

Dont acte ! Merci beaucoup de m'avoir reçu.

Reporte photo réalisé par Alain Musetti

Reporte photo réalisé par Alain Musetti

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Commenter cet article

EtienneM 15/01/2016 21:22

Excellente interview ! Et joli reportage photo (surtout la noir et blanc)... Vivement la prochaine rencontre !

Dylan2b 15/01/2016 18:56

Décidément, je ne me lasserai jamais.... lol... Cela vous arrive-t-il de rater une interview ? En tout cas, encore une réussite qui me permet de découvrir des aspects cachés des artistes rencontrés. Merci

Françoise 15/01/2016 17:31

Superbe entretien avec une actrice que j'adore ! Votre interview a été menée de main de maître avec cette actrice qui ne mâche pas ses mots ! De plus, j'adhère totalement à ses idées sur l'écologie et je vais de ce pas jeter un oeil sur le site qu'elle nous conseille. Merci et longue vie à Sos movies

Didou_36 15/01/2016 14:07

Une interview très intéressante qui m'a donné envie de découvrir son livre. Je vous remercie pour cette découverte.

Anaïs33 15/01/2016 13:45

Joli duel de professionnels... A mon sens, une de vos meilleures interviews ! Merci de nous avoir fait partagé ce moment !