EN LIVE AVEC LES STARS !!

Publié le par corsu61

Cette catégorie vous permet de découvrir les stars sous leur vrai jour, et non celui qu'elles veulent bien montrer par l'intermédiaire de leur agent, leur attaché de presse, ou leur prestation dans une émission de télévision.

Pour cela, profitant de mon expérience de plusieurs années dans le domaine de l'interview, je vous propose le récapitulatif des rencontres que j'ai pu avoir avec vos acteurs ou actrices préférées, et je vous joins les interviews correspondantes.

Tout vous est relaté, sans fard ni dissimulation, et sans aucune langue de bois. Vous allez découvrir que certaines stars sont loin de l'image que l'on veut donner d'elles, que ce soit en bien ou en mal.

N'hésitez pas à me laisser vos coms pour me relater vos impressions.... Alors, bon voyage de l'autre côté du miroir...

AUJOURD'HUI :

EN LIVE AVEC LES STARS !!
 
11 décembre 2008. Théâtre municipal de Bastia. L'acteur vient présenter "Don Juan" qu'il met lui-même en scène. J'ai rendez-vous avec lui à 18h00 mais il se présente à 19h30, au grand dam de Monsieur Bleu, son très courtois et très professionnel directeur de tournée (d'ailleurs le plus agréable qu'il m'ait été donné de rencontrer...). Le comédien s'est endormi à son hôtel, fatigué par cette tournée éprouvante. Il a la politesse de s'excuser et nous nous rendons dans sa loge pour l'interview...Il a l'air fatigué mais lorsque cette dernière commence et que l'on évoque son métier, son regard s'illumine et l'on sent immédiatement la passion qui l'anime. Très simple, d'une gentillesse palpable, il dialogue avec moi tout en se changeant pour monter sur scène. On est loin de l'étiquette glaciale que beaucoup de gens veulent lui attribuer. Je vous le certifie, Philippe Torreton est à des années lumières de la star inaccessible et je ne peux que vous encourager à venir découvrir cet immense acteur...
 

 
 

 

INTERVIEW DE PHILIPPE TORRETON

 

J'’ai lu dans un article qu’'à vos débuts,vous deviez exercer le métier d’'inspecteur de police ?

 

C'’est un truc que j'’ai eu le malheur de dire un jour. Ca fait partie des atermoiements d'’étudiant , quand j’'étais à Rouen et que je ne savais pas trop quoi faire, j’'ai rencontré quelqu'’un qui préparait le concours d'’inspecteur de police. Je me suis dit que ça pourrait être un débouché et je me suis renseigné. Et puis, entre temps, j’'ai passé le concours du conservatoire de théâtre. J’'ai été reçu et je suis monté à Paris.  Cela n'’a donc pas été plus loin que ça. Ce qui est rigolo, c’est qu'’un des premiers films que j'ai fait avecTavernier qui s’'appelait L627, sur les flics de la brigade des stups, et que finalement cela ait un écho 5, 6 ans plus tard...Cela n’'était donc pas une vocation...… J’'assume complètement car je ne suis pas du tout anti-flics ni quoi que ce soit, mais ce n'’était pas un rêve de gosse... J’'avais également plusieurs autres métiers possibles, mais le conservatoire a balayé tout sur son passage…

 

Il y a bien un moment précis où vous vous êtes dit : «Je veux jouer la comédie… »…

 

Mon premier déclencheur a été cette réussite au concours du conservatoire. C'’est une activité que j’'ai commencé très tôt. J'’ai fait du théâtre à l’'école dès l’'âge de 12 ans, c’est pour ça que je milite beaucoup pour l’'art à l’école...…C'’est quelque chose qui tend à diminuer énormément, surtout la pratique culturelle. Donc, j'’en ai  toujours fait en marge de mes études, et ça me plaisait bien, mais c’'était plus un rêve qu’'un vrai but construit...…J’'envisageais toujours autre chose, c’'est pour cela qu’'entre autres, j'ai été attiré par ce concours d'inspecteur de police...… Je me disais que jamais je n'’aurais le niveau pour être acteur professionnel ou jamais on  ne s'’intéressera à moi. Vous savez, quand on fait du théâtre en province, on n’'a pas forcément beaucoup de moyens de comparaison avec le monde réel des professionnels. Finalement, le fait d’'avoir réussi le concours national m'’a fait me dire : « bon, et bien j’'ai au moins le niveau de ça ». Mais après, une fois que vous êtes au conservatoire, vous apprenez que beaucoup de comédiens ne sont jamais devenus professionnels, alors, je n'osais pas beaucoup espérer…. Ensuite, en troisième année, j’'ai été appelé pour aller à la Comédie française…... Ca m’a fait bizarre et je me suis dit que j’'allais peut être devenir acteur professionnel…...J'’ai été engagé, et payé,et je me suis dit « ca y est ! j’'ai un salaire et cela prouve que je gagne ma vie avec ce métier ! ». Mais même à la Comédie française, je ne me suis jamais dit que j’'étais arrivé… Vous savez, c’est tellement incroyable d'’y être…... C'’était un rêve que je n'’osais former…. Etre dans une troupe, en plus une troupe issue de Molière, pour un jeune comédien en herbe, le vrai métier il est là !… Enfin, pour moi en tout cas…...Donc en y rentrant, je n'’en pouvais plus de bonheur,  tout en me disant qu'’un côté de moi n’'osait pas y croire et qui me disait que ça allait finir…

 

Vous avez toujours cette peur en vous ?

 

Oui, toujours.. je ne me sens jamais arrivé. Rien n’'est acquis. C’est un métier très instable, très changeant…... A chaque rôle, on se demande si on va y arriver. Ce n’'est jamais répétitif…. On peut jouer le même rôle avec une troupe différente, un metteur en scène différent, une autre scène, un autre public...…Il y a toujours quelque chose qui vient « accidenter » et heureusement d’'ailleurs... Dans le public, c’est tellement varié. Quelqu’'un peut venir au théâtre, et avoir appris une mauvaise nouvelle avant…... C'’est comme l’'acteur…... On peut être fatigué, malade, anxieux ou simplement trop confiant. Il faut toujours se méfier de l’'excès de confiance…

 

Vous êtes défini sur le site Wikipédia comme acteur et homme politique. C’'est facile de concilier les deux ?

 

Honnêtement non. C’est difficile et passionnant. La journée fait douze heures et à chaque fois que je choisis de faire quelque chose, c’est trois autres choses que je ne peux donc pas faire. … Si je suis à la mairie, je ne suis pas à la maison en train de faire du courrier, ou en répétition…. Mais il faut très bien s’'organiser. Je commence à le devenir. J'’ai un contrat tacite avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Un jour, je l’'ai appelé pour lui dire que c’'était beaucoup de boulot, et il m’'a dit de ne pas m’'inquiéter, que j’'avais 6 ans pour trouver mes marques...…Finalement, il a raison. Il y a moyen de faire les deux et je suis vraiment très entouré, aussi bien au conseil de Paris qu’'à la mairie du 9èmearrondissement (Il y est conseiller municipal). Je travaille avec le maire, Jacques Bravo, un homme que j’'admire beaucoup, qui m’'aide et qui m’'apprend le métier d'’élu. Toute l'’équipe m’'assiste...Je suis beaucoup impliqué dans le combat du parti socialiste, mais je n'’ai pas ma carte d’'adhérent, et je ne l'’aurai jamais, mais je suis sympathisant…

 

Et votre but final en politique, quel est-il ?

 

D’'être Président du monde ! (rires)...… Plus sérieusement, je n’'ai pas de but. D’'ailleurs, ce serait présomptueux d’'en faire parce que c'est un monde compliqué, mais que j’'aime. Je déteste le discours des gens qui disent que la politique est un milieu de pourris. On peut dire ça de toutes les activités humaines…... Dès l’'instant où il y a des hommes et des femmes qui travaillent ensemble, forcément il y a des convoitises, des jalousies... Et la politique n’'échappe pas à la règle. C’'est un métier très dur car il faut s’'y connaître dans plein de choses, dans plein de domaines. C'’est un métier compliqué car il allie la force de persuasion et la confiance que l’'on a dans son intime conviction, et en même temps, on ne peut pas y arriver tout seul. Il  faut faire partie d'un groupe politique. Certains hommes sont sincères car leur existence incarne des idées, mais certains n’'incarnent qu’'eux-mêmes… Comme certains comédiens qui ne jouent que pour eux et qui ne défendent que leur ego…...

Pour ma part, j’'ai dit oui à une proposition politique, puisque je me suis engagé dans la campagne électorale aux côtés de Ségolène Royal, et puis du coup ça s’'est vu, ça s’'est entendu, et Bertrand Delanoë s’'est aperçu que contrairement à d’'autres acteurs ou actrices qui soutiennent des candidats, j’'allais plus loin qu'’eux. J’'ai fait des discours devant des milliers de personnes et je crois que c’'est la première fois qu'’un comédien fait ça…

 

Et si on vous demandait un jour de choisir entre la politique et votre métier de comédien ?

 

Je ne choisirais pas car il faudrait que mon métier de comédien m’'ai vraiment beaucoup déçu pour que je l'’abandonne...…Quand bien même le Métier me bouderait, qu’'on ne me propose plus de rôles...… ce n'’est pas du tout le cas, heureusement… !

Beaucoup de personnes ont tenté de me dissuader de faire de la politique en me disant que je ne travaillerai plus… Je crois que je n’ai jamais eu autant de propositions depuis que je suis engagé…

Pour répondre à votre question : il faudrait vraiment que je sois devant un choix énorme du genre « la République vous appelle… »... on ne peut pas refuser... En plus, je n'’ai pas les compétences…...Pendant la campagne, des personnes me parlaient du ministère de la culture. Je crois qu'’il faut d’'autres compétences que les miennes pour être Ministre de la culture...…Remarquez, quand je vois certains...… (rires)... je me dis que je ne suis pas loin de les avoir…... Ce n'’est pas parce qu'’il y a des médiocres en place que l’'on doit se dire « pourquoi pas moi… ? ».. Ce n’'est pas comme ça qu'’il faut raisonner. Il faut être conscient de la difficulté de la tâche. Ce qui fait ma force, c'’est que je suis un citoyen engagé... J'’ose dire que je suis le délégué de tous les citoyens qui rêveraient de s'’engager en politique. J’'ai envie de leur dire : « allez-y, faites-le ! Regardez moi, j’'ai un métier, une vie de famille, et je suis élu du peuple… « . Ce qui est amusant, c’'est que mon père, qui est âgé de plus de 80 ans, a fait en même temps que moi la campagne électorale dans son village de Normandie, et il a été élu au conseil.

 

Dans les mêmes idées que vous ?

 

Oui bien sûr, nous sommes de gauche. Donc la même année, nous avons passé le cap tous les deux. Lui à plus de 80 ans et moi à 42. C’est ca que j'’aime, cette envie sincère de s'’engager. D’ailleurs, il y a au conseil de Paris, des conseillers de droite qui sont venus me trouver pour me féliciter, même si on ne partage pas les mêmes idées, car je suis là, présent…... Beaucoup ont ironisé en disant que je n'’allais jamais être là, que je n’'allais rien faire. Et bien je peux vous dire que je suis beaucoup plus présent que Rachida Dati, que Christine Lagarde et autres ! …Je bosse, je me renseigne, j’'émets des idées et certains conseillers de droite se félicitent de mon assiduité et ça me fait plaisir. En fait, comme tous les anonymes qui sont dans les conseils municipaux en France, nous sommes des preuves que la démocratie existe. Vous savez, la politique, c’est nous tous. Quand j’'entends parfois certains responsables politiques imbus d'’eux-mêmes, j’'ai envie de leur dire de se montrer humbles car ils ne sont là que grâce à nous, qu'’ils ne sont que notre délégué. Un député, ce n’est qu’'un délégué, comme à l’'école le délégué de classe...… Il doit représenter les gens qui n'’ont pas pu  être à sa place car ils n'ont pas fait les études nécessaires, ou parce qu’'ils sont pris par leur travail. Les hommes politiques ne sont que les mandataires de ce que les gens leur demande de faire… ! Je pense parfois que le malaise de notre démocratie, c’est la distance qui s'’est créée entre nos responsables et nous…

 

Je vous propose quatre définitions. Dans laquelle vous reconnaissez-vous le plus ?

Proche des gens, séducteur, engagé, chanceux…

 

Je prendrai un peu tout…... C'’est rare les gens qui ont un gros point de caractère identitaire. En général, on se définit toujours par plein de choses, même des choses contradictoires. Je rajouterai également timidité, peur…...C'’est autant la peur qui me fait avancer que l'’envie ou la curiosité…... Tous les soirs, j’'ai peur de jouer, mais je joue. Vous savez, à l’'école, j’'étais d’'une extrême timidité, très pénalisante. C'’est pour cela que mon professeur de français de l’'époque a conseillé à ma mère de m'’inscrire au club théâtre car j’'étais du genre à mentir en disant que je ne savais pas ma leçon plutôt que de la réciter devant les gens. .. J’'en perdais tous mes moyens...… Je me souviens que les premières fois où je jouais au théâtre de l’'école, j’'avais envie qu'’il se passe quelque chose sur le chemin, que je tombe et que je me casse une jambe, cela en était affolant…... Et aujourd’hui, j’'ai bien sûr évolué, mais il me reste toujours quelque chose de cette ordre là…...Les soirs de première sont toujours compliqués pour moi…

 

Comment définiriez-vous le mot « comédien » ?

 

C'’est une question difficile…... Pour moi, c'est un acte d’'émancipation. Un comédien est quelqu’'un qui s’'extrait de la masse pour dire quelque chose aux autres. A L’'origine du théâtre, il n’'y avait qu'’un coeœur d'homme, en général. Et donc il chantait les dieux. Une parole religieuse, mais officielle...Et puis un jour, de ce coeœur d’'homme, il y en a un qui est sorti et a dit « Moi, je  vous dit ça… » et c'est devenu un comédien...…C'’est cela… sortir de la masse pour déclarer aux gens « je suis là, j’'aimerai vous dire, ou vous contredire… ». C'’est un acte d’'affirmation de soi devant les autres : j’'existe et je vous le dis. C’'est pour ça qu'’il y aura toujours un côté athée chez les comédiens. Athée dans le sens absolu, pas forcément vis-à-vis de la religion, mais quelqu’'un qui ose dire soit les paroles qui viennent de lui, soit des paroles qui viennent des auteurs et cela pour les autres…

 

C'’est étonnant que vous soyez populaire sans être pour autant surmédiatisé…

 

Honnêtement, ça m'arrange. Cela me permet d'être beaucoup plus libre...


 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

DANNY13 11/04/2009 14:27

Idem que les personnes m'ayant devancées... Je croyais cet acteur froid et distant. C'est surprenant.

Jackyessonne 22/12/2008 21:32

je suis ravi de ton article. J'adore cet acteur et je me demandais franchement comment il était dans la vie. Grâce à tes articles, on en sait plus. Merci !

Palilia 22/12/2008 20:53

plus de chance qu'avec Bruno SOLOmais là, je suis vraiment étonnée : je pensais en effet qu'il était très froid. C'est gentil à lui de t'avoir répondu. Alors si jamais un jour tu vois arriver Claude GIRAUD à BASTIA, interviewe-le pour moi s'il te plaît. Mais ça m'étonnerait qu'à son âge, il fasse encore beaucoup de scène.
Pour Philippe TORRETON, je te donne et je lui donne tout plein de bons points. Comment peux-tu les interviewer sans trembler ?
ton blog est d'une diversité incroyable et c'est ça qui en fait la richesse.
Au cas où j'oublierai d'ici deux jours : bonnes fêtes de Noël, Corsu !