EN LIVE AVEC LES STARS !

Publié le par corsu61

Cette catégorie vous permet de découvrir les stars sous leur vrai jour, et non celui qu'elles veulent bien montrer par l'intermédiaire de leur agent, leur attaché de presse, ou leur prestation dans une émission de télévision.

Pour cela, profitant de mon expérience de plusieurs années dans le domaine de l'interview, je vous propose le récapitulatif des rencontres que j'ai pu avoir avec vos acteurs ou actrices préférés, et je vous joins les interviews correspondantes.

Tout vous est relaté, sans fard ni dissimulation, et sans aucune langue de bois. Vous allez découvrir que certaines stars sont loin de l'image que l'on veut donner d'elles, que ce soit en bien ou en mal.

N'hésitez pas à me laisser vos commentaires pour me relater vos impressions.... Alors
, bon voyage de l'autre côté du miroir...

Aujourd'hui :

EN LIVE AVEC LES STARS !

Nominé aux Césars 1995 pour "Les roseaux sauvages", Prix Raimu 1997 du meilleur jeune comédien pour "Pondichéry, dernier comptoir des Indes" , Interprète (dans le rôle de Laurent) de la série ";Avocats et associés" et dernièrement Antonio dans la saga automnale "La maison des Rocheville", Frédéric Gorny est annoncé à la cinémathèque de Corse le vendredi 19 novembre 2010.


Après avoir pris contact avec cette dernière, il est convenu que nous nous retrouvions dans le hall à 12h30 afin de réaliser une interview. Il se trouve que son avion ayant pris du retard, l'acteur ne se présente qu'à 13h30. Nous décidons  d'aller prendre le déjeuner ensemble dans un petit restaurant proche, et de procéder à l'interview après le repas. Nous nous attablons donc, Frédéric Gorny accompagné de la pétillante responsable des relations publiques de la cinémathèque, ma collaboratrice chargée du reportage photo et moi-même, et nous profitons d'une collation sous le beau soleil de Corse.

L'acteur est d'une élégance rare, portant costume trois pièces, et fait preuve d'une grande amabilité, ainsi que d'un humour et d'une curiosité indéniable. Il semble très attentif à sa carrière, à son image, et doté d'un caractère bien trempé. Il devient vite évident que cet acteur est promis à un très bel avenir...

De retour à la cinémathèque, une heure et demie après, nous nous installons dans une pièce tranquille et l'interview peut commencer...
 
 
Frédéric Gorny, on vous voit principalement dans des séries télévisées... Avez-vous le sentiment d'être enfermé dans cette catégorie (je pense principalement à "Avocats et associés"...?
 

Un enfermement ? (Il réfléchit)... C'est vrai que c'est une question que l'on se pose déjà lorsqu'on accepte de faire une série. On sait très bien qu'en France, cela ne se passe pas pareil que dans les pays anglo-saxons. Souvent, il y a un côté prestigieux du cinéma, et un côté parent pauvre en télévision. A partir du moment où l'on décide de partir sur une série, surtout un rôle principal, on le fait en connaissance de cause. On sait très bien que c'est un avantage, parce qu'on va travailler régulièrement, on va pouvoir développer un personnage sur la longueur... Pour un comédien, c'est très intéressant de développer, de façonner un personnage multi-facettes parce qu'il va lui arriver plein de choses au fil des années, ou des épisodes, et nous on va pouvoir l'enrichir... Le personnage va nous enrichir aussi d'ailleurs, parce que moi, en 10 ans, il y a des choses que j'ai intégrées certainement à ma personnalité, et il y a des choses de ma personnalité que j'ai intégré au personnage. Mais de là à me dire que cela m'a bloqué, je n'ai pas vraiment l'impression. D'abord, "Avocats et associés" était une série assez chorale, donc je n'avais pas le rôle principal... comme un "Julie Lescaut" ou un "Navarro"... Ça, c'est un premier élément important. Le second, c'est que de toute façon, d'années en années, j'ai toujours réussi à faire des choses à côté. La série me faisait travailler six mois dans l'année. Les six autres mois, j'avais le temps de faire d'autres choses. C'est vrai que la plupart du temps, ça a été pour la télévision et pour France télévision... Mais j'avais moyen de m'oxygéner, m'épanouir ailleurs, m'enrichir aussi parce que ce que j'ai fait à côté a pu enrichir mon travail sur la série et inversement. Donc, je n'ai pas eu l'impression que cela m'ait ni cantonné à faire uniquement la série, ni... (Il réfléchit)... Enfin, cela n'a pas été une gène ! Voilà.

 

 En ce qui concerne "La maison des Rocheville", qui a tout de même rassemblé plus de 4 millions de téléspectateurs par épisode, pouvez-vous nous en dire deux mots, notamment de l'importance que votre rôle a pris au fil du temps ?

D'abord, comme c'est une histoire qui se déroule quasiment sur un siècle, il est évident que je ne pouvais pas avoir le personnage sur les 5 épisodes. Je savais dès le départ que le personnage arrivait à la moitié du deuxième épisode. Au début, il est tenu par des enfants, des adolescents, etc... Et moi, je le récupère à la moitié du troisième épisode, aux vingt ans du personnage. Ce qui, vu que j'ai 37 ans, est déjà quand même...(Il sourit en faisant la moue)... Puis je gardais le personnage jusqu'à ses 53 ans, à la fin du 5ème épisode. Je savais que cela allait être comme ça dès le départ. La montée en puissance se fait donc naturellement car les personnages des générations précédentes décèdent les uns après les autres et c'est la génération de mon personnage qui acquiert le statut de ceux qui tiennent le château...

 

 Oui, mais si l'on suit un petit peu, le rôle principal aurait dû être celui de Charles (tenu par l'acteur Renan Carteaux), qui lui, est le descendant direct de la famille, et non pas le vôtre, Antonio...
 
Oui, c'est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai choisi de faire ce personnage là...

 

Ah, vous avez dit choisi ?...


Parce qu'à un moment, on a commencé à me glisser le nom du personnage de Charles, le méchant... On a commencé à évoquer cette idée là. Mais j'ai dit "Non, le personnage d'Antonio me plait plus parce qu'il a un parcours beaucoup plus chaotique, plus riche, plus divers en fait". Il traverse des choses plus différentes. Le fait d'avoir ce passage dans le cabaret... A l'origine, il devait rentrer vraiment dans la résistance, ce qui est conservé là. Mais dans une version différente, il devenait vraiment résistant avec sa sœur, il y avait des choses qui étaient plus développées... Il ne devait pas forcément partir  avec toute cette revue nègre pour les faire rejoindre la zone libre... Il n'y avait pas ça, mais plus de choses différentes. Donc, quand moi, je suis parti pour ce personnage là, c'était pour ces raisons. Et puis il avait d'excellentes raisons de partir de ce château, et d'excellentes raisons d'y revenir. Entre les deux, il lui arrivait plein de choses...
 

Je reviens justement à l'âge (au niveau du casting)... Votre sœur Sylvana, jouée par Elsa Lunghini... A un moment donné, elle est supposée avoir 19 ans, et il est évident qu'elle ne les a pas !

 

C'est très difficile. Ça, c'est vraiment un choix. Est-ce qu'il faut encore mettre un intermédiaire ou le comédien peut-il assumer ? Après, cela devient une convention. Il y a un moment où de toute façon, on sait que ça va coincer, que ce soit dans la jeunesse ou dans la vieillesse du personnage. C'est évident aussi que c'est plus délicat quand on arrive dans sa jeunesse. Après, ce sera les artifices. C'est plus facile de traiter la vieillesse que la jeunesse... Moi-même, quand on m'a dit que j'allais prendre le personnage à ses 20 ans, j'étais un peu sceptique... Moi je ne me convainc pas, mais c'est une autre question. Il y a des choses physiques qui sont impossibles à créer, donc on part sur de la convention. Ce qui se fait très facilement au théâtre, c'est à dire qu'un comédien de 40 ans peut très bien faire un personnage de 20 ans parce qu'il va s'éclaircir la voix, avoir quelques attitudes un peu juvéniles et une tenue qui va passer... Dans ce cas, on va se dire "bon, ben c'est pas grave". De toute façon, la scène est un déjà un lieu conventionnel. Au cinéma, étant donné que tout se passe dans des vrais lieux, avec des vrais accessoires, on a moins ce sentiment de convention. Pour le spectateur, c'est moins factice. C'est plus frontal, plus direct. On accepte donc moins la convention et forcément c'est plus délicat. En ce qui concerne l'ajout d'un acteur intermédiaire, il fallait également en trouver un qui soit crédible au niveau physique..

 

 

 Mais on peut ! Il n'y a qu'à prendre comme exemple la série "Cold Case", je parle des  jeunes, mais je peux également parler des vieux, notamment le personnage interprété par Alexandre Brasseur... Ce dernier n'est absolument pas crédible en personne de 50 ans... Le fait de ne pas prendre un autre comédien plus vieux n'est aucunement budgétaire ?

 

Je ne pense pas. Au contraire même. Vous savez, une journée de tournage de Brasseur coûte plus cher qu'une journée de tournage d'un mec qui lui ressemble, mais qui sera moins connu. Donc, ce n'est pas budgétaire. C'est aussi plus simple... De multiplier les comédiens qui vont faire le personnage, ça complique énormément un plan de travail... Il y a une également un autre problème : à quel âge du personnage on fait basculer ? Pour le mien, il y a une espèce d'ellipse. . Il arrive au cabaret adolescent, et travaille 3 ans dans ce dernier. Et je le récupère après ces trois années. C'était assez simple de le faire à ce moment là. Si jamais on l'avait fait plus tard, est-ce qu'il y aurait eu cette même ellipse dans l'histoire ? Et une ellipse, ça se fait pour un personnage, mais on essaie de faire en sorte qu'elle soit aussi la même pour tous les personnages, sinon cela voudrait dire qu'on en perd un pendant, peut-être, tout un épisode. Je ne sais pas si j'ai été très clair...

 

Si, si... C'est simplement qu'il faudrait que les productions trouvent une solution à ce problème, car les spectateurs qui suivent une série de ce type sont désarçonnés quand ils retrouvent leurs personnages avec un âge dans lesquels les acteurs ne sont pas crédibles. Et automatiquement, cela les éloigne de l'histoire dans laquelle ils étaient plongés...

 

   Là, il y a plusieurs choses... D'abord, je pense que le travail du maquilleur ou de la maquilleuse va énormément contribuer à ça. C'est très important sachant que l'on tourne les scènes dans le désordre, donc il faut absolument être hyper vigilant, hyper pointu sur tous les stades de vieillissement. Sachant que dans la même journée, on peut passer de l'âge de 30 ans, puis 20, puis 40...on change 3 ou 4 fois de tête. Ce sont des choses qui se gèrent... Je me met à la place d'un producteur : on a une enveloppe et on essaie de faire en sorte que tout rentre dans les cases, de prendre des techniciens, des collaborateurs, qui sont capables de faire les choses correctement. Il y a donc ce facteur là. Ensuite, pour un comédien, ça va être effectivement d'avoir des attitudes, une voix... Il y a plein de choses qui rentrent en compte dans un vieillissement ou un rajeunissement. Est-ce que tous les comédiens y pensent ? En plus de leur jeu ! En plus du fait que, dans une grosse machine comme ça, on a des journées de tournage infernales !! Donc des fois, on a une prise, deux prises... On n'a pas beaucoup de temps pour affiner les choses. et pourtant on devrait le faire...On compte un peu sur l'indulgence et les conventions dont je parlais tout à l'heure...



Dans "La maison des Rocheville", quel partenaire vous a le plus impressionné ? 

(Il réfléchit)... Je n'avais pour ainsi dire aucune scène avec elle, mais je dirais Chloé  Lambert (qui interprète Mathilde). J'ai trouvé son travail vraiment sain. J'ai découvert son travail à l'écran, et il était vraiment subtil, délicat. Justement, dans son cas, elle n'a pas cherché à vieillir ou rajeunir son personnage, dans sa voix ni dans quoi que ce soit. Elle comptait sur le maquillage, etc... et elle ne s'est pas trop pris la tête avec ça. Son jeu est vraiment fin et intense, et les moments où elle bascule dans la folie ont été très bien gérés.

J'ai trouvé   une anecdote amusante... Vous avez fait un "Fort Boyard" dans l'équipe de Lorie ? 

(Il éclate de rire) Mais je suis très content de l'avoir fait ! Ce n'est pas que je tenais absolument à être dans l'équipe de Lorie... Par contre, "Fort Boyard" en tant que spectateur, très honnêtement, ça m'amuse passablement ! Ça ne m'intéresse pas. Par contre, à faire !... Je savais que je m'amuserais. C'est moi-même qui ai demandé aux gens de France 2 (comme je suis un comédien qui travaille beaucoup pour eux) de participer à ce jeu. Ils m'ont répondu "Ça t'intéresse ?, mais c'est un truc un peu physique !"... Tout le monde a cette idée de moi, toujours costume-cravate... Et dans la vie, lorsque je fais mon travail, j'essaie d'avoir une image un peu... propre. Mais les gens qui me connaissent savent que les trucs un peu physiques, un peu casse-cou, j'adore ça ! Donc, j'ai dit à France 2 : "J'ai envie de le faire, j'ai envie !". Ils se sont arrangés, et d'ailleurs si vous avez suivi l'émission, c'est très drôle, parce qu'au tout début de l'aventure, forcément on me balance direct devant le père Fouras... Ils pensaient certainement "On va pas lui faire faire des trucs physiques..." Ça m'a saoulé. En fait, je bloquais sur le maquillage du père Fouras ! Il a des fausses mains toutes boudinées ! (Il rit)...Il a des gants (des fausses mains) et je bloquais là dessus. Je me foutais complètement de sa question et je cherchais comment le charrier là dessus !! Je me demandais intérieurement : "Est-ce qu'il est de bon aloi de balancer trois vannes ?"... Je n'étais pas du tout concentré sur le truc et d'ailleurs je ne me rappelle plus du tout de la question. Après, ils m'ont fait faire un truc avec Lorie, un peu physique, et dès qu'ils ont vu qu'en fait je m'étais bien éclaté (on avait d'ailleurs bien cartonné dans cette épreuve), ils m'ont fait faire les machins les plus casse-cou.   
 

Mais vous ne connaissiez donc pas du tout Lorie ?

 

Ah pas du tout. Je l'ai rencontrée à cette occasion. C'est une fille délicieuse. Enfin, à l'époque. Je vous parle de cela, il y a quasiment une dizaine d'années.

Elle se lance dans la comédie...

Oui, et d'ailleurs, j'ai failli participer à son téléfilm "Un mari de trop". J'ai été pressenti pour  faire le fils d'Alain Delon, un des prétendants de Lorie.



Ça, c'aurait été crédible !

Pour faire le fils de Delon ou être un prétendant de Lorie ? (Il rit)
 
Les deux.

 

Faire le fils de Delon, je le prend très très bien, merci ! C'est flatteur (Il sourit). D'ailleurs, avec Lorie, comme on s'était bien entendu pendant le tournage de "Fort Boyard", on s'était un peu côtoyé après. Puis la vie nous a fait prendre des chemins différents...

Alors, forcément, je ne peux que vous parler de votre fameuse publicité pour Renault, qui est en train de faire un véritable carton en faisant rire pas mal de personnes... (Pour la visionner, CLIQUEZ ICI !!!)

C'est le but. Vous savez, c'est la première fois que je fais de la publicité. Si je l'ai faite, c'est, d'une part, parce que on m'a annoncé tout de suite que le metteur en scène était Xavier Giannoli. Pour moi, c'est un des trois meilleurs metteurs en scène français et son film "A l'origine" le meilleur film français de l'année dernière. Ensuite, quand j'ai vu le concept de la pub, j'ai vu que c'était juste délicieux et j'ai tout de suite senti son côté savoureux et ironique. Moi, ça m'a beaucoup amusé et je savais que ça amuserai beaucoup mon entourage.

Est-ce volontaire ou pas, mais l'aspect séduction rentre énormément en jeu dans cette publicité... Jouez vous beaucoup sur votre physique avantageux ?

(Il réfléchit)... Ce que je cherche souvent à exploiter, ce sont les ambiguïtés. Si, dans un personnage, il n'y a pas d'ambiguïtés, je cherche à en mettre. Je n'aime pas qu'il n'y ait qu'un côté tout blanc ou tout noir, un côté très angélique ou un côté très sombre. S'il y a un côté antipathique, goujat, ça me va. Dans la pub, au final, l'homme reste un goujat, un profiteur... Dans le concept de la pub, son nom est "le prétexteur". Vous savez, cette publicité passe maintenant dans le monde entier. Il existe une suite, mais dans les pays étrangers. Elle nous montre les gens ayant rencontré mon personnage, et qui témoignent de ce qu'ils ont vécu avec lui. Ils ont donc eu chacun des expériences différentes. Par exemple, une femme a été draguée dans un restaurant et mon personnage lui a proposé de la ramener chez elle et il l'a laissé sur le carreau... Ou d'autres qui racontent qu'ils ont rencontré cette personne qui prétexte de les raccompagner juste pour conduire... Donc, pour en revenir au côté séduction, il a fallu que je rende ce personnage sympathique, séduisant et attachant. Et dans une pub, l'espace de jeu est très court, donc j'étais super vigilant là-dessus. Avec Xavier, on a discuté de ça en amont, et lui aussi était d'accord. Il ne fallait surtout pas que le personnage soit juste un profiteur et un goujat. Et le petit rire que j'ai à la fin, c'était à la première prise (on n'avait pas fait de répétition), et je l'ai testé direct, il n'était pas dans le script. Les rires, c'est quelque chose qui peut se fabriquer. C'est un exercice que je m'entraîne à faire : imiter les rires. Certains que l'on entend parfois sont spéciaux et je m'amuse à les imiter. Mais mon vrai rire, quelque chose de spontané, qui vient du fond, le restituer à l'écran... ça ne m'est pas arrivé pas si souvent que ça...Dans la pub, ça a été une espèce d'abandon, de confiance... C'était d'ailleurs la toute dernière séquence de tournage. Cela faisait déjà trois jours que je travaillais avec Giannoli, donc je lui faisais confiance, et inversement. Je sentais que je pouvais essayer 3 ou 4 choses. C'est un directeur d'acteur formidable.

On sent bien qu'il y a une espèce d'osmose entre vous deux...

 Et encore, ça c'est une publicité. Par exemple, il est en train de préparer un long métrage... Là, c'est une exclu !!... Je n'aurais certainement qu'un petit rôle parce qu'il a 71 rôles à distribuer, il va donc y avoir du monde !

On a une idée de quoi ça parle ?

Non. (Il éclate de rire).

A quand le tournage ?

Au printemps, je crois.



En tout cas, il est de votre intérêt de garder cet aspect séduction dans votre jeu...

Au début de ma carrière, on me confiait des rôles de personnages très sombres dans lesquels cet aspect séduction n'était pas très exploité. Depuis quelques temps, j'essaie de me laisser aller, de me détendre un peu, et d'essayer.

Vous détendre ? Pourtant, j'ai lu dans des précédentes interviews, que vous aimiez beaucoup faire des blagues sur les tournages et que vous étiez assez facétieux...

Oui, mais la détente sur le plateau n'est pas la même qu'entre "Action !" et "Coupez !"...

J'ai lu également que quand vous étiez jeune, vous faisiez des imitations...

Oui, mais ça, c'est parce que j'ai été biberonné à Roland Magdane, à Michel Leeb, tout ces gens là.

Uniquement des comiques...

En fait, avant de faire le métier que je fais aujourd'hui, je montais des spectacles, souvent dans les colonies de vacances. Et c'était en reprenant des sketchs des comiques de l'époque.

Vous avez été repéré sur Toulouse, suite à un casting, c'est ça ?

Tout à fait. J'habitais la ville rose, et le casting pour "Les roseaux sauvages" se faisait là bas.

Quelle entrée en matière non ?

Quelle entrée en matière... Oui !

Et maintenant, quel serait votre rêve le plus fou ?

(Il réfléchit longuement)... Ce serait de faire une vraie comédie !

De quel style ?
 
Pourquoi pas une comédie romantique... "L'Arnacoeur" par exemple, qui a très bien fonctionné, est tout à fait le genre de film duquel je suis sorti en me disant : "Ah, j'aurais bien aimé être à sa place !" 

Et bien moi, je le dis, c'aurait peut-être été mieux ! Romain Duris en séducteur ne m'a toujours pas convaincu !

Je l'ai trouvé très bien dedans...Et il danse peut-être mieux que moi, aussi !!! (Il éclate de rire)...
En fait, j'ai fait un peu de théâtre en amateur, et tout ce que je faisais, à l'époque c'était des comédies. Et le premier rapport que j'ai eu avec le jeu, l'incarnation, l'exposition au regard de l'autre, l'attention qu'on attire par la comédie au sens large, c'est au travers du comique au sens propre. Mon premier rapport ! J'ai donc envie de revenir à mes premières amours... Quand j'ai commencé, dans "Les roseaux sauvages", c'était le brun ténébreux et partant de là, tout ce qu'on m'a proposé après, c'était de la même veine... C'est pour cela que pour la pub Renault, j'étais parfaitement conscient de l'aspect comique, et de tout ce que cela pouvait générer pour moi. Je pouvais démontrer aux réalisateurs que j'étais capable de jouer ce type de rôle.

Une question qui intéressera surtout les lectrices du site... Êtes-vous marié ? (Je ris)

(Il sourit) Non.

A part le projet de Xavier Giannoli au cinéma, des projets télé ?

Je viens de tourner pour France 2, je joue un militaire. Pour le cinéma, je viens d'achever un long métrage d'un jeune homme qui s'appelle Cyril Mennegun, et qui s'intitule "Louise Wimmer". Je pense qu'il sortira dans la foulée du festival de Cannes.



Cela veut-il dire que vous serez présent à Cannes ?

Peut-être. Je n'ai pas un rôle très important dedans. Je ne sais pas si j'irai à Cannes... Cannes, j'en suis très rapidement revenu. J'y suis allé une première fois pour présenter "Les roseaux sauvages" et là j'avais vraiment quelque chose à y faire. C'est vrai que c'est tapis rouge, toutes les portes vous sont ouvertes pendant 24 heures... Il y a quelque chose de très trompeur à Cannes ! Pendant 24 heures, vous êtes au firmament, vous êtes le roi du monde, et les 24 heures suivantes, c'est quelqu'un d'autre (puisque c'est le film qui passe le lendemain)... Il n'y a aucun stade entre être le roi du monde et le fossé ! Donc, en fait, le lendemain vous n'êtes plus rien du tout. Cannes, c'est très perturbant pour ceux qui ne sont pas forts et qui ne font pas la part des choses. Moi, la première fois que j'y suis arrivé, j'avais déjà des réserves sur ce monde là. J'y allais à tâtons et j'étais vraiment en observateur. Et je me suis vite rendu compte que tout ça, c'était factice et que si on vous met au sommet, c'est juste parce que certaines personnes ont tout intérêt à vous y mettre à ce moment là (la presse, les distributeurs, les gens du festival etc...). Ils vont profiter de vous pendant 24 heures ! En résumé, l'actualité cannoise dure 24 heures...

Dernière question... Je reste pour ma part persuadé que votre carrière va exploser un jour ou l'autre. Comment croyez-vous que vous gèrerez tout cela le moment venu ?

Le plus important, c'est de bien s'entourer. Tout d'abord de gens qui ne sont pas forcément de ce métier, et de personnes que vous côtoyiez antérieurement à votre carrière. Ensuite, que ces personnes n'aient pas changé de comportement vis à vis de vous depuis l'arrivée du succès.

Comment savez-vous que ces gens là ne vont pas changer ?

Il suffit de choisir des personnes intelligentes et qui ont du discernement. Des personnes vraies...

Frédéric Gorny, merci beaucoup et je reviendrai vous voir pour vous dire si vous avez changé...

A plus tard alors... En tout cas, merci.


 

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Academic Writing 02/12/2010 08:24

This blog is awesome.

Palilia 24/11/2010 11:45

mais oui, j'ai vu LA MAISON DES ROCHEVILLE...excuse-moi, j'étais restée dans les personnages. Mais je n'ai pas vu les deux premiers épisodes. Bien réussi encore une fois Corsu ! tu passes ton temps à lui dire qu'il est élégant et tu te campes sur tes jambes avec un aplomb (dernière photo... mdr).
Puis, tu n'arrêtes pas de lui parler de Lorie : je sens là la fibre chanson s'éveiller en toi.... sans oublier la "pétillante" personne qui vous reçoit à chaque fois. Bref, un Corsu, un vrai, comme on aime.

Et un Frédéric GORNY que je reconnaîtrai désormais la prochaine fois que je le verrai : en plus, il parle bien, répond gentiment et ne se prend pas la tête. "le plus important c'est de bien s'entourer". Il a raison et c'est valable dans le cinéma mais aussi dans la vie.
Une interview qui change de registre avec un type bien, je suis contente. Merci de le me dire.. tu sais, je venais voir mais tu avais dit que tu le publierais dans les prochains jours.